un peu n'importe quoi

31 août

De toutes les dates du calendrier, le 31 août est celle qui me fait revenir à la mémoire quelques-unes de mes plus épiques aventures.
1997
Le dimanche matin du 31 août 1997, le Québec se lève avec l’annonce de la mort de la Princesse Diana. De mon côté, je lève les voiles vers Québec, où je dois en principe passer les trois ou quatre prochaines années, ayant été accepté au baccalauréat en communications publiques de l’Université Laval en mars de la même année.
N’étant pas un étudiant modèle, l’Université m’avait envoyé une petite lettre complémentaire à celle qui confirmait mon admission, la faculté de communications n’étant pas contingentée à cette époque. « Votre cote doit vous alerter », était-il écrit.
Mais je m’en moquais bien. Le petit gars de 20 ans, bientôt 21, débarquait dans la grande ville pour une première expérience loin de la résidence familiale.
La mort de Lady Di, je m’en foutais totalement. Pour moi, même si cette dame était jolie et de son temps, elle restait associée à une institution que j’ai toujours méprisée : la couronne britannique.
Au moins, elle avait bien fait de larguer le fils de la vieille peau Élizabeth, un avorton à la gueule d’étalon nommé Charles qui engrosse depuis une Camilla à la gueule de jument avec qui il forme le couple parfait.
Mais le monde entier en a pleuré des larmes, même qu’Elton John en a profité pour relancer sa carrière, demandant à son parolier Bernie Taupin de réécrire au goût du jour une de ses vieilles chansons des années » 70. Le résultat, aussitôt chanté aux funérailles de ladite dame, a été enregistré et commercialisé presque immédiatement, jouant à outrance sur les ondes des radios du monde entier. De quoi me faire aimer les Spice Girls et les Backstreet Boys, que je me plaisais à détester dans le temps et que j’écoute maintenant sur mon iPhone, les deux ayant fini par m’avoir à l’usure avec le temps.
J’ai emménagé au 3373 de la résidence Moraud, spécialement destinée aux étudiants masculins. J’avais de bons voisins, certains venaient même de ma région, dont un que j’avais connu au Cégep et qui travaille maintenant pour Radio-Canada à Vancouver.
S’il y est, c’est qu’il a fait le baccalauréat en communications au grand complet. Moi, j’ai été expulsé après un an. Sur huit cours inscrits, j’en ai échoué cinq, réussi deux et abandonné un à la date limite d’abandon sans mention d’échec. Cela compte pour plus de 2000 dollars dans ma lourde dette étudiante.
Si c’était à refaire, je crois que j’aurais tout abandonné après quelques jours. Mes parents n’auraient pas aimé avoir à venir me chercher et à endurer ma présence dans leur résidence, mais cela aurait été sans doute un moindre mal que de m’endetter inutilement dans des études trop mal entreprises pour espérer une réussite.
Sauf que j’étais jeune et pas mal con…
2007
Je me souviendrai du vendredi 31 août 2007 toute ma vie. Ce fut une journée longue qui s’est amorcée à Sherbrooke et qui s’est terminée à Falardeau dans les petites heures de la nuit suivante.
Le vendredi précédent, c’était la mairesse de Québec, Andrée P. Boucher, qui était décédée, créant une onde de choc à la grandeur de la province. J’aimais bien Mme Boucher, une politicienne municipale qui n’avait pas froid aux yeux, qui affrontait l’adversité comme elle seule pouvait le faire et qui faisait fi de toute convention. Autant détestée qu’admirée, cette dame ne laissait personne indifférent.
La veille de sa mort, je travaillais comme caissier au magasin Rona L’entrepôt de Sherbrooke. En ce 23 août 2007, je terminais à 17 : 00 de travailler et je partais pour Montréal sur le coup de 18 : 00, avec des passagers de covoiturage.
J’avais congé les deux jours suivants, et comme j’avais donné ma démission quelques jours auparavant, ma dernière journée de travail était prévue pour le dimanche suivant, soit le 26.
Au menu pour ces deux journées de congé des visites d’appartement à Montréal pour le vendredi et je faisais visiter mon appartement le samedi, dans l’espoir de refiler ma location à un autre locataire. J’estimais avoir de bonnes chances d’y parvenir, demeurant tout près de l’Université de Sherbrooke, sauf que les choses ne se sont pas du tout déroulées comme je l’avais prévu.
Aussitôt arrivé à Montréal le jeudi soir vers 20 : 30, je prends le cap de Ville-Mont-Royal pour visiter un premier appartement. C’était sans savoir que je n’en visiterais pas d’autres par la suite. C’était un appartement deux pièces et demie situé dans le sous-sol d’une maison cossue. C’était assez grand, avec des meubles et l’électricité fournie et une grande étagère pour y mettre ma collection de disques, le tout avec assez d’espace pour y garer ma minoune et à un prix légèrement plus élevé que le un et demi que je louais à Sherbrooke depuis un peu plus d’un an.
Cet appartement, j’ai eu de la difficulté à m’en débarrasser. J’ai voulu négocier une entente avec la société qui gérait l’immeuble d’habitation. Ils n’ont pas voulu, m’indiquant que mon bail était renouvelé jusqu’au 12 août 2008 et que le seul moyen de m’en sauver était de céder mon bail.
Or, ceux-ci m’en ont passé une petite vite. Je payais 370 $ par mois pour ce petit appartement de rien, et je devais payer l’électricité en plus. Or, cette même entreprise offrait de louer ces mêmes appartements à 350 $ par mois, électricité incluse. Il aurait fallu que je trouve plus poisson que moi pour me soulager de ce bail.
J’ai passé une dizaine de jours à vouloir en trouver un. J’ai placé des annonces sur internet, d’autres dans la Tribune, le quotidien de Sherbrooke. Des trucs très modestes, alors que ladite entreprise qui était propriétaire de mon habitat avait un budget publicitaire infiniment plus élevé que le mien pour vendre le même appartement à un prix moindre que celui que je payais. J’étais en dépression l’année précédente et quand notre santé psychologique est éprouvée, on est plus sujet à se faire rouler dans la farine comme ça m’est arrivé à cette occasion précise.
Il ne faut jamais faire à autrui ce qu’on ne veut pas se faire faire. Et ceux qui visitaient mon appartement s’en rendaient vite compte. Et ce, c’est quand ils venaient au rendez-vous qu’on s’était fixé. Certains se décommandaient sans prévenir, les autres le faisant par téléphone à la dernière minute.
Parallèlement à mes tentatives de location d’appartement, j’avais commencé en douce à transférer mes effets personnels dans mon nouveau chez moi de l’île de Montréal qui allait me servir de domicile jusqu’au 28 juin 2014.
Il ne me restait plus qu’un dernier voyage à faire et j’étais en train de le préparer. Il ne restait plus que mon ordinateur à débrancher avant de le mettre dans la voiture avec tout le reste. C’est alors que j’ai décidé d’aller voir sur le site de la Régie du logement du Québec pour voir s’il n’y aurait pas un truc légal que je pourrais essayer.
Après quelques minutes de recherche dans la section des formulaires à remplir, j’ai trouvé ce qui s’est avéré ma planche de salut : le formulaire d’abandon de logement, une formule à n’utiliser qu’en cas d’extrême dernier recours.
Mon année dans cet appartement, je l’ai dormie sur un futon qui avait de plus en plus de mal à supporter ma lourde charpente, si bien qu’un côté du meuble était si renfoncé qu’il n’était plus possible d’y dormir convenablement. J’en avais parlé au concierge de l’établissement au début du mois d’août et celui-ci m’a confirmé que le futon allait être changé bientôt. Or, nous étions au dernier jour du mois et jamais ce changement de meuble n’a été effectué.
Je prends donc mon courage à deux mains, sauvegarde le formulaire sur un disque réinscriptible, démonte mon ordinateur et transfère avec lui tout ce qui restait dans cet appartement, fais un dernier ménage et saute derrière le volant vers un pavillon de l’Université de Sherbrooke, où j’étais inscrit comme étudiant libre. Je m’installe derrière un ordinateur et insère le disque dans le lecteur pour ensuite imprimer dix copies du formulaire d’abandon de loyer.
Il n’y a pas beaucoup de place sur le formulaire pour raconter ma mésaventure de futon et ses impacts sur ma qualité de vie. Après quatre brouillons, la cinquième tentative s’avère la bonne. Je conduis aussitôt ma minoune dans un Uniprix de la rue Galt Ouest, tout près de cet endroit que j’allais quitter, et va poster le formulaire en courrier recommandé à la corporation propriétaire de ce bloc qui n’allait plus être le mien, en prenant bien soin d’inclure dans l’envoi toutes les clés de cet appartement qui n’allaient plus m’être utile.
Aussitôt le tout posté, je prends la route de Montréal. Il me fallait faire vite, car j’avais prévu aller au Saguenay une fois mon dernier voyage complété. Le problème, c’était que nous étions à l’aube de la fin de semaine de la fête du Travail et que le trafic était si abondant que cela m’a pris près d’une heure de plus que prévu me rendre à mon nouvel appartement pour y décharger tout ce que j’avais dans ma voiture.
De plus, je devais prendre des covoitureurs à la station de métro Crémazie vers 18 : 30. Or, il était 17 : 30 lorsque je suis arrivé dans mon nouveau chez moi. Je vide la voiture en catastrophe et ne garde que le strict minimum pour mon voyage. Il était 18 : 10 lorsque j’ai terminé. Sachant que j’allais être en retard, j’ai quand même décidé de m’étendre sur mon nouveau lit, que j’ai toujours aujourd’hui, le temps de me reposer un peu.
J’arrive au rendez-vous une quinzaine de minutes en retard. Comme la circulation était congestionnée partout sur l’île de Montréal, mes passagers m’ont pardonné ce léger délai de ma part.
Le voyage sur l’autoroute 40 s’est déroulé sans anicroche. C’est plutôt vers la fin de la traversée du Parc des Laurentides que les choses sont venu bien près de se gâcher. J’étais si fatigué que j’avais de la difficulté à conduire, même que je somnolais dangereusement au volant. Un de mes passagers m’a réveillé si énergiquement que j’ai aussitôt repris mes esprits, l’air coupable d’avoir mis en danger la vie de gens qui n’avaient pas à payer pour le mauvais choix que j’ai fait d’avoir voulu voyager des gens alors qu’il aurait été préférable que je me repose un peu avant de prendre la route.
Heureusement, le reste du voyage s’est déroulé sans problème et une fois revenu dans mon nouvel appartement le mardi suivant, j’ai pu commencer mon certificat en publicité à l’Université de Montréal. Mon premier choix était le journalisme, mais ils ne prenaient pas d’inscription tardive. Je me suis inscrit à ce programme l’hiver suivant.
Que s’est-il passé avec mon appartement sherbrookois? Je l’ai su quelques jours plus tard, alors que j’ai reçu une lettre par courrier recommandé en provenance de l’entreprise qui agissait à titre d’ancien propriétaire. Dans cette lettre, on me menaça de plein de trucs si l’appartement ne s’avérait pas prêt à être loué immédiatement, mais plus jamais par la suite je n’ai entendu parler d’eux.
Ce fut le déménagement le plus épique de ma vie.

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