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Bienvenue, Bertha no.4 (Première partie)

Au milieu des années 90, j’étais un étudiant en sciences humaines au Cégep de Chicoutimi. Sans grand enthousiasme, j’y étudiais sans y mettre l’ardeur requise pour faire bonne figure. Seule la note de passage me suffisait (bonjour, la cote R !) et c’était tant mieux comme ça. Du moins, c’est ce que l’ignare à l’aube de la vingtaine que j’étais à l’époque pensait…

Bertha no.4 s’ouvre avec cette image de Mme Prune (la chatte française de mes parents) respirant des fleurs. (Source : collection personnelle)

Les deux seuls « cours » qui me donnaient la peine de me consacrer aux études étaient ceux sans qui je n’aurais probablement pas fait d’études collégiales, soit la radio et le journal étudiants.

L’étude? Je n’en avais rien à foutre. Je me contentais de le faire la veille des examens avec le peu de notes que j’avais, quand j’en prenais. Et j’en avais très peu, la prise de note n’ayant d’ailleurs jamais été ma tasse de thé.

N’empêche que j’aimais bien transporter mes disques laser dans le local de la radio étudiante pour y animer mes émissions et aller flâner dans le local du journal pour socialiser et pour faire un peu d’internet dans l’autre local du journal, celui où l’on écrivait nos articles et où le montage du journal se faisait, situé près des vestiaires de la piscine du cégep.

Dans cet endroit plutôt étroit où les Macs étaient rois, il y avait un gros ordinateur que tous surnommaient « La grosse Bertha ». C’était l’ordinateur qui donnait accès à internet, par l’entremise d’un branchement par téléphone avec un fournisseur internet local. Comme la ligne téléphonique était partagée par plusieurs autres organismes de la vie étudiante du cégep, il ne fallait qu’un décrochage de téléphone dans le local d’un de ces organismes partageant notre ligne téléphonique pour que la connexion flanche.

C’était ainsi qu’internet fonctionnait en 1996, avec les bruits de modem de fax en prime !

La machine était de grande dimension, mais aussi capable parfois d’une lenteur à faire sacrer mes collègues pendant les longs weekends de montage. Même si je n’ai jamais assisté au processus, mes collègues-journalistes affairés à cette tâche ingrate, mais nécessaire m’ont souvent raconté que ces weekends étaient parfois empreints de longs moments de frustration devant cette machine que tous auraient aimé pouvoir botter le derrière.

Toutefois, personne n’osait le faire, car la qualité de son travail valait bien la longue attente avant que celui-ci ne se fasse voir. Bertha était peut-être grosse et lente, la qualité de son rendement digne des technologies de l’époque en faisait malgré tout une alliée de premier choix dans la production d’un journal de qualité, aussi estudiantin pouvait-il être.

Mais pourquoi Bertha au juste? Je ne l’ai jamais su. Je ne l’ai pas demandé à l’époque. C’est pourquoi je me permets de réfléchir à voix haute de façon textuelle.

Le prénom Bertha, ça fait un peu vieille secrétaire rigide, peu chaleureuse, avec ses fonds de bouteille en guise de lunettes et ses vieux cheveux grisonnants. Vieille fille ou mariée avec un homme qu’elle trompe avec un doigt ou un godemiché, elle est tout le contraire de la plus célèbre des Bertha, celle qui est mariée à Arthur Laroche dans les Pierrafeu, la version québécoise des Flintstones américains. Mais elle travaille tellement bien qu’on lui pardonne tout ce qui nous donnerait envie de la détester.

Voilà pour mon explication du sobriquet « Grosse Bertha ».

Le surnom est resté dans ma mémoire, et c’est en mémoire de cette grosse machine qui a marqué mon cégep que chacun des ordinateurs portables que j’ai possédés depuis s’est retrouvé avec ce surnom.

J’ai acheté Bertha no.1 en mars 2008, avec le peu d’argent qu’il me restait d’une indemnité que j’ai reçue suite à cet accident de voiture de mai 2000 qui aurait très bien pu vous empêcher de lire ce que vous voyez.

Bertha no.1 est mon portable qui a duré le plus longtemps, et qui a même pris la relève momentanée de Bertha no.2. Bertha no.1 m’a suivi à New York la seule fois que j’y suis allé. Idem pour mon voyage à Paris.

Sentant que le poids des années commençait à affecter Bertha no.1 après quatre ans et demi de loyaux services, je l’ai remisée en novembre 2013. C’est dans ce contexte que Bertha no.2 fit son entrée dans ma vie. Elle eut une vie brève, mais intense.

Son destin s’est décidé par un beau jour de juillet 2014 où, après être allé écrire dans un café j’ai eu l’idée d’aller m’acheter une bouteille de savon à vaisselle. De retour chez moi, j’ai découvert avec stupeur que la bouteille avait laissé aller une partie de son savonneux contenu dans ma valise d’ordinateur. Bien que Bertha no.2 fut touchée par la substance, elle a continué de fonctionner. « Elle est faite forte, Bertha! », me suis-je dit!

Cependant, une carte photo laissée dans Bertha no.2 a vite cessé de fonctionner et son contenu est devenu irrécupérable à tout jamais. Ce fut un bien triste avant-goût à la fin qui se dessinait pour Bertha no.2 à la fin de 2015.

C’est après avoir terminé un travail d’équipe dans le cadre d’un cours de publicité que Bertha no.2 a cessé de fonctionner soudainement pour ne plus jamais reprendre vie. Une visite chez un informaticien s’est imposée et celui-ci m’a montré sa carte-mère devenue totalement rouillée et même moisie. Comme une tumeur cancéreuse qui a fait son œuvre fatale en silence, le savon de cette bouteille est venu sonner le glas d’un ordinateur encore tout jeune et qui avait encore beaucoup à donner.

Le mal était fait et il n’y avait plus rien à faire. N’ayant pas d’argent pour m’acheter illico une nouvelle machine, j’ai dû faire sortir Bertha no1 de sa retraite, en attendant l’arrivée de Bertha no3, en janvier 2017.

À suivre ! J’ai assez écrit pour aujourd’hui!

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