Uncategorized

Les comètes de ma vie (Première partie)

Jeudi 23 juillet 2020. Il est presque minuit quand j’arrive chez mes parents après une longue randonnée qui s’est amorcée vers 18 h 15, alors qu’une automobiliste m’a permis de voyager avec elle en covoiturage de Montréal jusqu’au Saguenay.

Le ciel montréalais est le pire qui soit pour l’observation du ciel et des phénomènes astronomiques s’y déroulant. À plus de 400 km de chez moi, j’ai enfin pu me retrouver sous un ciel noirci à la perfection, sans qu’aucune pollution ni aérienne, ni lumineuse, ne vienne gâcher le spectacle.

Pour voir la comète Neowise, il faut regarder vers la Grande Ourse, cette constellation en forme de casserole qui est très facile à trouver dans le ciel. Je n’eus pas à chercher longtemps pour apercevoir la comète, elle se trouvait juste un peu en dessous, légèrement en haut de l’horizon. Des arbres risquaient de me perturber la vue, mais heureusement la comète a pu se faufiler dans un trou dans la végétation pour me permettre d’admirer son éclat qui décline au fur et à mesure qu’elle s’éloigne de notre planète.

J’ai pu l’observer pendant une bonne vingtaine de minutes avant qu’elle n’aille se cacher derrière la forêt du rang 2 de mon enfance. J’espérais reprendre mon observation le lendemain, mais la pluie est venue jouer les trouble-fête. Le retour à Montréal ayant été prévu pour le matin suivant, il me fallut mettre fin à cette observation de comète, en espérant que la prochaine qu’on pourra voir ne se fasse pas trop attendre…

Jeune enfant, j’étais fasciné par les livres d’astronomie et par les photos de ces grands voyageurs solitaires de l’espace. Ils s’appelaient Encke, Kohoutek, Humason, West, Lexell, et combien d’autres noms de ces astronomes ayant découvert l’une ou l’autre de ces comètes célèbres.

J’en voulais même au destin de ne pas être né plus tôt. Ainsi, j’aurais pu observer les comètes West et Kohoutek. La comète de West est passée quelques mois avant ma naissance, et fut l’une des plus brillantes que l’on a pu observer par ici. J’aurais aussi aimé pouvoir observer Kohoutek, à la fin de 1973.

Pour reprendre une expression populaire en cette période de pandémie, j’ai fait mes recherches une fois que je suis devenu adulte à propos de cette fameuse comète de Kohoutek. Si mon livre d’astronomie me disait que ça prenait 73 000 ans à cette comète pour compléter son orbite autour du soleil, des calculs plus récents ont démontré qu’elle en fut à son seul et unique passage près de notre planète.

Ce que j’ai découvert aussi par rapport à cette comète fut l’emballement médiatique injustifié dont elle fut victime. On avait annoncé qu’elle serait l’une des comètes parmi les plus brillantes jamais observées ; or c’est tout le contraire qui s’est produit lorsqu’elle se présenta proche de notre planète. Bien qu’elle fut assez brillante pour pouvoir être observée à l’œil nu, son éclat réel n’avait rien de ce qui fut anticipé, si bien que pour ceux qui ont pu l’observer, la comète de Kohoutek fut une déception historique. Que son prochain passage près de nous soit dans 73 000 ans ou davantage, elle a beaucoup de temps devant elle pour se faire oublier.

Ce n’est toutefois pas le cas de la comète de Halley. En ce début d’année 1986, j’ai neuf ans et j’espère cette venue depuis quelques mois, quand j’ai appris au Téléjournal de Radio-Canada qu’on risquait de pouvoir observer cette comète historique.

Son dernier passage remontait au mois d’avril 1910 et fut spectaculaire, à en voir les images d’époque que j’ai pu voir dans un autre livre d’astronomie qu’on m’acheta à Noël, avec un télescope. Malheureusement pour moi, le passage de 1986 de la comète de Halley fut à l’image de ce que vécurent ceux qui ont observé Kohoutek douze ans plus tôt : une immense déception.

La Terre et la comète se trouvant à l’opposé du soleil ont occasionné le passage le plus terne de la comète depuis des centaines d’années. Il fut à peu près impossible de la contempler à l’œil nu dans l’hémisphère Nord, alors que ceux dans l’hémisphère Sud ont eu un peu plus de chance, même si la comète qu’ils ont pu voir n’avait pas la brillance qui en fit un astre légendaire.

On ne sait pas combien il peut y avoir de comètes qui passent dans les environs de la Terre. On sait cependant que ce sont d’immenses blocs de glace carbonique qui se subliment au fur et à mesure qu’ils s’approchent du Soleil, l’évaporation de cette glace carbonique dans les vents solaires étant à l’origine de cette queue qui les rend si belles et si brillantes. Ce ne sont toutefois pas toutes les comètes qui en développent une aussi spectaculaire qui permet de les observer à l’œil nu.

Il m’aura fallu attendre dix ans pour enfin pouvoir en observer une. Découverte le 31 janvier 1996 par l’astronome amateur japonais Yuji Hyakutake, elle fut observable à l’œil nu dès le début du mois de mars suivant. Je me souviendrai toujours du spectacle incroyable qu’elle a offert dans le ciel de Saint-David-de-Falardeau, loin de toute pollution urbaine. Elle fut observable pendant quelques semaines avant qu’elle ne disparaisse. Il faudra attendre 70 000 ans avant son prochain passage près de nous.

Cette comète n’était qu’un hors-d’œuvre, car quelque chose de plus spectaculaire s’est présenté par la suite…

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s