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C’est assez! Faut que ça change!!

On les voyait venir depuis au moins un an, ces élections. On les désirait même depuis plus longtemps, insatisfaits que nous sommes (du moins en partie) du gouvernement Charest. Et voilà que ça nous tombe dessus comme un cadeau que l’on avait presque cessé d’espérer l’arrivée tellement celui qui a le pouvoir de les déclencher a joué avec nos nerfs. Et dire que certains tape-casseroles ont eu le culot de s’indigner de ce déclenchement! (Mais ça c’est un autre problème…)

Faisons un petit exercice juste pour le plaisir. Mettons-nous un peu dans la peau de notre cher premier ministre et demandons-nous ce que nous aurions fait à sa place. D’un coup sec, nous nous retrouvons à la tête d’un gouvernement au pouvoir depuis presque une décennie et qui n’a jamais réussi à se faire apprécier malgré les réélections. Face à nous, de l’autre côté de la chambre bleue, on se retrouve devant nous un parti formant l’opposition officielle qui risque l’implosion à chaque coup de gueule de l’un de ses anciens chefs, un autre qui est un ramassis de restes d’un défunt parti qui s’est sabordé pour en créer un neuf avec d’autres débris venant d’ailleurs, et finalement une petite poignée de députés aussi insignifiants qu’indépendants membres de formations aussi diverses que marginales qui ont autant de chances de former le gouvernement un jour que les Blue Jackets de Columbus ont des chances de gagner la Coupe Stanley l’an prochain. De cette opposition fragile, on peut espérer qu’elle se morcelle assez pour qu’on puisse se faufiler à travers elle le jour d’un éventuel scrutin, de quoi pouvoir espérer une autre victoire facile en divisant pour régner comme l’élection précédente.

Mais il faut faire vite car la commission d’enquête chargée d’enquêter sur les agissements de certains membres de notre parti et qui peut l’éclabousser à tout moment et nous embarrasser au point de nous placer en position de perdre cet éventuel scrutin. Mais ça tombe quand même bien car c’est l’été et les gens ont la tête ailleurs, donc ils n’iront pas voter et ça nous favorise car il en a été aussi de même lors de l’autre élection d’avant.

Dans ce contexte, si nous avions été tous à la place de Jean Charest, nous aurions tous fait comme lui. Nous aurions étiré le suspense jusqu’à la toute fin et profité de la dernière fenêtre d’opportunité avant le passage du bulldozer Charbonneau qui est presque certain de nous décapiter au passage. Une fois réélu pour quatre ans, on pourra toujours étirer le supplice de l’électeur jusqu’à rajouter une cinquième année à notre mandat même si tout le monde veut notre démission après ce que la commission a trouvé sur nous. Mais cela importe peu, car après presque quinze ans au pouvoir, on pourra partir la tête haute et accepter d’être tabletté à Paris par une patente-à-gosse de l’ONU pour la francophonie ou encore à Sagard comme bras droit de Poil Dansmaraie. On pourra se foutre éperdument du jugement que l’histoire rendra de nous, l’important ayant été que nous ayons été au pouvoir contre vents et marées et que nous avons fait tout en notre possible pour le garder jusqu’à la dernière fraction de seconde.

Les gens nous élisent pour du changement, alors on leur promet. Une fois rendus au pouvoir, on se trouve des défaites pour ne pas faire ce changement désiré, mais comme les électeurs ont la mémoire courte, il suffira en campagne électorale de quelques entourloupettes de relations publiques pour leur faire croire que bien des choses ont changé au cours du dernier mandat.

C’est le vieux truc pour se faire porter au pouvoir quand on est dans l’opposition : on propose du vent en lui faisant prendre la forme du changement espéré. Et une fois rendus au pouvoir, on ne change rien du fait que ce qui est espéré être changé ne le sera pas car si ce changement est fait, cela pourrait nous faire perdre au change et comme on veut rester au pouvoir, c’est plus sage comme changement que de ne rien changer du tout.

Ceci marque la fin de l’exercice, là où je cesse d’être Jean Charest et redeviens le Jean Tremblay que je suis, le Jean Tremblay qui paie des taxes et un peu d’impôt, son trop modeste revenu de caissier ne lui permettant pas d’en payer davantage. Le même Jean Tremblay qui aimerait faire de la politique un jour, peut-être.

Que ferais-je?? Des élections à date fixe, comme on voit dans quelques provinces et aux États-Unis, juste pour éviter aux partis de rester au pouvoir et de s’y accrocher lorsqu’ils savent qu’ils ont des choses pas très gentilles à se reprocher.

Je renforcirais la loi 101. Le français, c’est important. Mais celui-ci est menacé par un fléau bien pire que l’anglais : la langue de bois. J’interdirais l’usage de cette langue en sol québécois et condamnerait chaque politicien qui en fait l’usage à démissionner.

Et finalement, je ferais en sorte que les promesses électorales soient soumis à la loi de la protection du consommateur, et que les politiciens élus qui ne respectent pas leurs engagements soient traduits en justice pour fraude et fausse représentation.

Ça serait trop le fun, mais je sais bien que ça n’arrivera jamais. On peut toujours rêver un peu, non??

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