Blogue-au-thon II

Les pieds dans le plancher

« J’passe des nuits blanches
À chercher quoi faire de mes journées
Dur comme une planche
J’veux grimper au plafond
Mais j’suis pris dans l’plancher. »

Tiré de « Chanson noire » du groupe Harmonium, texte de Serge Fiori.
Jeudi de fin octobre dans ma vie très moche de chômeur qui n’en peut décidément plus de dépendre du chômage pour assurer sa survie. Il est passé neuf heures du soir, et je suis à l’aéroport pour écrire. Je devais le faire après avoir vu un ami juste avant qu’il ne parte pour quelques jours de vacances en Belgique, sauf qu’on n’a pas pu se rencontrer. Nous étions partis trop tard de nos points d’origine respectifs pour que nous puissions avoir le temps de nous voir de façon à ce que ça en ait valu la peine. Au moins, j’avais amené mon ordinateur portable, car j’avais prévu écrire après son départ. Ce n’est pas la première fois que je vais à l’aéroport pour voir des amis ou de la famille qui s’en vont. Je fais ça un peu comme en attendant mieux, mais ce soir je désespère un peu sur quand ce mieux là arrivera.
J’ai effectué un premier contrat en septembre, et je n’ai reçu mon paiement qu’en octobre. Comme le chômage de Stephen Harper exige que l’on déclare chaque sou que l’on touche lorsqu’on en bénéficie, j’ai déclaré mon paiement sans savoir que le trouble ne faisait que commencer…
Conversations avec des fonctionnaires bêtes et froids, remplissage de formulaires que je ne peux pas ni faxer ni remplir en ligne, mais que je dois aller porter en personne, même si j’avais un lumbago intense qui m’a fait passer le plus clair de mon temps alité. Pendant ce temps, une enquête est menée et mon chômage est gelé. On veut que les chômeurs se sortent du chômage en retournant sur le marché du travail, mais on pénalise ceux qui veulent le faire en se créant leur propre emploi. Allez y comprendre quelque chose, j’en suis moi-même incapable.
En ayant été mis à pied à mon ancien travail, je me suis dit que le fait de bénéficier de mon chômage me permettrait de travailler sur ce désir cher depuis longtemps que celui d’être à mon compte. Je commence à me rendre compte que c’était une erreur, étant devenu allergique au chômage et à tout ce qui s’y rapporte de près ou de loin. Je suis de moins en moins à l’aise à l’idée de vivre aux crochets de ce qui a été prélevé de ma paie pendant ma vie de caissier et de ce qui est prélevé de la paie, même si c’est pour faire avancer un projet qui manque de structure et qui a besoin de correctifs. J’ai été naïf, je me suis mal préparé, je me suis placé en situation de vulnérabilité extrême. Mais cela ne doit pas dire que je dois abandonner, seulement changer de stratégie. Quoiqu’il advienne, ce ne sont pas les pousse-crayons de Stephen Harper qui m’empêcheront d’avancer.
Malgré tout, je me serais bien passé de cet imbroglio. Cela me retarde dans le paiement de plein de trucs et mon dossier de crédit – déjà pas très avantageux avant d’être mis à pied – ressortira de cette période encore plus endommagé. Bref, j’ai une méchante côte à remonter.
Et je continue d’aller voir mes amis à l’aéroport quand ils partent, à discuter avec eux en FaceTime quand ils sont dans le Sud ou en Europe, comme si je n’étais pas capable d’y aller moi-même autrement. C’est une des choses que je veux changer dans ma vie. Qu’on aille à l’aéroport pour prendre un café avec moi avant que je m’en aille, que je jase via Skype (ou autre forme de vidéoconférence) avec quelqu’un ici pour que je lui donne de mes nouvelles de là où je suis en voyage. Que j’aille sur le site d’Expedia et d’y acheter des billets pour vrai, au lieu de faire semblant juste pour savoir comment ça coûte. Voyager et m’avancer dans mes contrats de rédaction (ou même de traduction) dans mes temps libres ou quand il ne fait pas beau, question de rentabiliser le voyage.
Mais avant que ce soit chose faite, il faut trouver le moyen d’y parvenir. Le fait que le vent ne soit pas favorable n’est pas une excuse pour renoncer à avancer. Si certains aspects du plan ne marchent pas, rien n’empêche de les changer, même de changer le plan au grand complet, tant qu’on ne renonce pas et qu’on maintienne son objectif suprême.
Qui sait si je n’écrirai pas sur ce blogue avant longtemps en direct de Paris ou de Los Angeles?
À suivre…

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