Fierté francophone

Hommage à Catherine d’Anjou (1978-2019)

Mars 2005, au restaurant le Kaprice de Kapuskasing, un dernier souper avec des collègues avant mon départ du nord de l’Ontario. De gauche à droite : moi, Catherine d’Anjou et Émilie Thibert-Leduc. (Source : collection personnelle.)

« Ils se trompent, et ils se tromperont toujours, ceux qui prophétisent que l’art va se désintégrer, et mourir. C’est nous qui mourrons, l’art est éternel. Serons-nous capables, même au jour de notre mort, d’en percevoir tous les aspects et toutes les possibilités? »

Alexandre Soljenitsyne (1918-2008)

Extrait de Le cri (1972)

Je suis arrivé à Kapuskasing, dans le nord de l’Ontario, dans les jours qui ont suivi Pâques 2004. Catherine d’Anjou y est arrivée environ deux semaines plus tôt. Elle à bord d’un autobus, moi au volant d’un vieux tacot qui allait rendre l’âme quelques jours plus tard. Nous nous sommes retrouvés à cet endroit en partageant le même objectif : celui d’acquérir de l’expérience en animation radio pour pouvoir atteindre le but que nous nous étions fixés respectivement. Catherine rêvait d’aboutir à la radio de Radio-Canada, alors que j’espérais aboutir à Radio-Énergie.

J’avais été engagé à titre d’animateur de l’émission du matin, elle fut engagée pour animer l’émission d’avant-midi, le « mid », pour reprendre le jargon du monde radiophonique.

Catherine était une animatrice extrêmement bien préparée dont la culture et l’amour des mots lui permettait d’animer une émission à son image. Pendant un an, elle a su faire voguer les auditeurs de CKGN aux quatre vents (C’était d’ailleurs le titre de son émission.)

Elle n’avait pas peur d’ajouter une dose d’éclectisme à son émission dans le but de faire découvrir aux auditeurs des trucs qu’ils ne pouvaient entendre ailleurs. Gentille et douce, elle était très ouverte sur le monde. C’est une consoeur de travail que j’ai appris à apprivoiser avec le temps.

Elle n’aimait pas que les mots, mais aussi le théâtre. Dans la troupe Méli-Mélo de Kapuskasing, nous nous sommes retrouvés à jouer des rôles dans la pièce « Un village de fous » de Neil Simon. Je jouais le rôle du maire, elle jouait le rôle de Yechna. Par cette expérience, nous avons pu découvrir la chaleur et la gentillesse des gens de Kapuskasing.

J’ai quitté cet endroit en mars 2005, Catherine m’a suivi quelques semaines après. Elle n’a jamais animé à Radio-Canada, pas plus que moi j’ai animé à Radio-Énergie.

Nous nous sommes perdus de vus par la suite. C’est par l’entremise d’un ancien collègue de travail que j’ai appris son décès, survenu le 29 novembre dernier, des suites d’un cancer.

Après sa carrière en radio, Catherine s’est tournée vers la littérature jeunesse. Elle n’avait pas d’enfant, mais laisse une orpheline derrière elle, soit Olivette, l’héroïne de sa série de livre jeunesse. Avant de quitter ce monde, elle a pu toucher un exemplaire du troisième tome de sa série juste avant qu’il ne se retrouve en librairie.

Bon voyage, Catherine! Ce fut un plaisir de t’avoir connu! Puisse Olivette soit en mesure d’être la trace qui fera en sorte qu’on se souvienne de toi encore longtemps!

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