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La maudite application (Soyons modernes, restons archaïques)

Vendredi soir, 20 h 30. Il pleut sur Montréal, alors que passent par-dessus nos têtes les restes d’un ouragan qui a fait rage le long de la côte Pacifique du Mexique. Une fois la tempête rendue sur terre, celle-ci s’est mise à perdre de sa force et à suivre les méandres de la circulation atmosphérique, de sorte que les restes de cette dernière sont venus pleurer sur notre tête le temps d’un vendredi soir pluvieux.
Mais je n’avais pas envie de vous jaser de météo, mais plutôt de technologie et d’amour. Encore une fois, j’ai effacé la maudite application de mon cellulaire, celle à travers laquelle des dizaines d’hommes en rut se montrent la binette dans l’espoir d’y trouver l’âme sœur.
J’ai fait partie de cet attroupement à maintes occasions, et chaque fois je me lassais d’avoir si peu de résultats probants dans mes démarches. Au bout d’une certaine période, je finissais toujours par l’effacer, me disant que c’était la dernière fois que je le ferais, que plus jamais je ne m’en servirais.
Or, que faisais-je toujours par finir de faire après une période de temps plus ou moins longue? Je télécharge ladite application et l’histoire recommence.
Ce soir, j’ai effacé cette application de mon cellulaire, sachant qu’un jour ou l’autre je devrai l’avoir fait pour de bon sans même avoir jeté ne serait-ce qu’un seul coup d’œil par-derrière.
Tiendrai-je le coup? Résisterai-je? Comment? Combien de temps? Toutes sortes de questions que je me pose encore quelques minutes après avoir fait ce nettoyage que j’espère définitif pour vrai.
À force d’envoyer des dizaines de messages à autant d’individus qui ne me répondent pas, j’ai fini par constater que cela représentait un peu du sadomasochisme que d’avoir envie de revenir quand même après avoir été rejeté et ignoré tant de fois.
Un séjour sur cette application, c’est un peu comme une traversée du désert. Tant de messages qui passent dans le plus total désintérêt, et le peu de réactions qu’ils finissent parfois et rarement par susciter finissent toujours par s’éteindre d’eux-mêmes, un peu comme des mirages qui nous ont fait croire brièvement qu’on allait trouver la perle rare.
Vais-je flancher comme toutes les autres fois d’avant? J’espère que non. Je suis un peu comme de ces fumeurs compulsifs qui décident d’arrêter de fumer, qui arrêtent quelques jours et qui finissent par recommencer même s’ils savent qu’ils ne devraient pas le faire.
Or, le défi n’est pas de cesser de fréquenter ces lieux virtuels où règnent l’artificiel, le froid et le faire semblant, mais plutôt de me faire confiance et d’aller voir les gens en chair en os en me mêlant à eux, comme cela se fait depuis la nuit des temps.
La solution aux inconvénients de la modernité passe-t-elle par le recours aux méthodes que l’on pense archaïques?
Peut-être bien…

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