Blogue-au-thon III

Imposer le printemps

Vous avez sans doute constaté mon silence sur ce blogue au cours des dernières semaines. Il faut dire que j’ai été beaucoup occupé par ces études que j’ai décidé de reprendre afin de les achever de manière qu’elles auraient dû être et non pas comme je l’ai fait il y a cinq ans, quand j’ai terminé mon certificat en journalisme.
J’ai pensé qu’avec ce seul certificat en poche que j’avais ce qu’il fallait pour bien gagner ma vie. Or, la suite des choses m’a prouvé que j’étais dans le tort. Malgré ma volonté, les choses n’ont pas du tout tourné comme je l’avais espéré. Mon nom s’ajoute donc à ceux qui se sont cassé la gueule la plupart du temps avant de réussir.
Depuis la fin de ma vie de caissier de librairie, j’avoue que ma vie s’en est allée vers une dérive qui n’avait rien de rassurant et pour laquelle je ne savais plus trop quoi faire pour en reprendre le contrôle, surtout dans cette période d’attente du chômage de Stephen Harper qui fut un supplice sur plusieurs plans. La vie – ou le destin, ou la Providence, ou le machin-chouette-à-lequel-vous-donnez-un-nom-ressemblant-au-précédent – m’a imposé un désert à traverser pour m’ouvrir les yeux dans cet été 2014 qui fût de la belle merde et pendant lequel je crois bien avoir renoué avec la dépression, chose dont on ne se rend jamais compte quand ça nous frappe, mais à laquelle on finit toujours par s’en rendre compte une fois la vague passée.
Peut-être dans le fond n’aurais-je jamais dû quitter ma vie de caissier de librairie? Qu’importe, c’est fait et cela a fini par m’amener là où j’en suis aujourd’hui, en plein dimanche soir où tout le monde regarde la télé, sauf moi.
Je suis présentement à l’aéroport pour y écrire pour la première fois depuis des lunes. J’ai dû défier le froid et les feux rouges ralentissant ma course vers le métro, de même qu’une envie de pisser des plus insupportables que je n’ai pu soulager qu’une fois rendu à l’aéroport, dans la deuxième toilette pour hommes que j’ai pu trouver, car la première était fermée, un concierge était en train de la nettoyer.
Laissez-moi au moins vous raconter jusqu’à quel point cet instant où l’on peut enfin laisser aller ce liquide que l’on retient au fond de soi depuis presque une heure est l’équivalent d’un orgasme de libération dès l’instant où disparaît cette brûlante pression qui vous recroqueville sur votre entrejambe, vous gênant même un peu dans vos déplacements. Dès qu’enfin un urinoir s’est présenté et que j’ai laissé aller ce surplus de liquide qui faisait se gonfler ma vessie comme une baudruche, j’ai ressenti un relaxant relâchement proche de l’extase orgasmique. Ce sera hélas mon seul orgasme de la soirée, ayant passé une 38e St-Valentin tout seul à poireauter comme le vieux garçon que je suis encore jusqu’à ce nouvel ordre que j’espère voir arriver bientôt.
Le printemps s’en vient, malgré les apparences. Supposément que l’hiver commence à se déconstruire aux environs du 15 février, phase qui se poursuit normalement jusqu’à l’arrivée du printemps, soit un peu passé 18 heures le soir du 20 mars prochain, moment que tout le monde espère voir arriver bientôt.
C’est le deuxième hiver de fou de suite que nous rencontrons. Aussi bizarre que cela puisse paraître, même si l’hiver actuel risque au final de s’avérer plus froid que celui de l’année dernière, je le trouve cependant plus supportable. Sans doute parce que je me suis mis à me foutre du fait qu’il fasse froid ou non pour sortir, mais peut-être aussi à cause du fait que nous n’avons connu aucun redoux jusqu’à présent, ce qui nous a forcés sans doute à nous habituer au froid.
Qu’à cela ne tienne, j’aime bien l’hiver que je vis, même si je suis sans emploi. Je vis des choses que je n’aurais probablement jamais vécues si j’étais resté simple caissier, signe que j’avais sans doute raison d’accepter cette mise à pied, malgré le tourbillon de n’importe quoi qui a suivi et qui m’a mené vers ces eaux un peu moins agitées qui, je l’espère, amèneront un nouveau printemps et une nouvelle stabilité.
Et si on cessait de se préoccuper de ce que l’on ne peut changer, comme la température, et qu’on se disait tout de suite que le printemps est commencé, peut-être que ces assauts du vortex polaire paraîtraient moins insupportables?
Tout commence dans la tête, il paraît.
Alors, commençons!

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