Blogue-au-thon II

Six mois plus tard

Dimanche 16 novembre 2014. Déjà six mois ont passé depuis ma dernière journée derrière la caisse de ma librairie, où j’aurai passé un total de cinq ans et presque sept mois, pour me lancer dans le vide le plus total, désireux de gagner ma croûte à mon compte en tant que professionnel de la communication pas trop convaincu de quel secteur de ce vaste monde serait le mien.
Je ne m’attendais pas à ce que les choses soient faciles, ni à ce que ça lève du premier coup. Or, je ne suis pas du tout trompé à ce niveau, même que j’en ai sué un bon coup car j’ai vécu un véritable été de merde. Les premières démarches de contrat se sont toutes avérées veines, et le début de la saison estivale qui amène avec lui un ralentissement de l’activité n’a pas du tout aidé. De plus, le fait que j’ai touché à une indemnité de départ avec ma paie de vacances a fait en sorte que je n’ai pu toucher à mon chômage qu’à partir du milieu du mois d’août. Il m’a fallu en plus déménager en même temps, ce qui a peut-être été de trop à mon avis à bien y penser. Mais la chose est faite et je vis dans un nouvel appartement plus grand dans un tout nouvel environnement que j’apprivoise encore chaque jour, tout ça grâce à mes parents qui m’ont soutenu de toutes les façons possibles même s’ils n’ont pas toujours compris la direction que j’ai décidé d’emprunter. Peu importe comment sera la suite des choses, je leur serai éternellement redevable de tout ça, et c’est aussi pour leur faire honneur pour qu’ils soient fiers de moi quand les affaires auront enfin démarré à mon goût que je me suis lancé dans pareille aventure.
Si l’attente du chômage a été longue et éprouvante, je n’ai pas cessé d’avoir des problèmes une fois que j’ai commencé à y toucher. J’ai eu le « malheur » de faire un contrat et de le déclarer au chômage, ce qui a entraîné toutes sortes de complications au niveau administratif avec les fonctionnaires à la solde de Stephen Harper, qui m’ont coupé les vivres pendant près d’un mois pendant qu’une sévère entorse lombaire m’a contraint de devoir cesser toute activité pendant toute cette période. Heureusement, ça s’est bien réglé dans les deux cas : le chômage a accepté ma condition de travailleur autonome alors que la douleur de mon dos, après s’être transférée dans ma jambe gauche en faisant se coincer un nerf, en est dans ses derniers balbutiements, cachée dans mon pied gauche, qu’elle plonge dans un engourdissement qui s’estompe peu à peu chaque jour, le rendant toutefois moins maniable. Mais ça va passer, comme le reste.
Même si rien n’a été facile et que les mirages ont été nombreux, je suis content d’avoir traversé ce désert, que je finis par considérer comme nécessaire pour savoir où j’en suis réellement vis-à-vis mon objectif principal et à corriger le tir pour me permettre d’avancer. Dans le dernier mois, j’ai pu beaucoup y réfléchir, alors que cette blessure – qui m’aurait mené tout droit à un congé de maladie – m’affligeait.
Je n’ai jamais regretté ma décision. Elle n’a pas été facile à prendre, car mon ancien emploi – même si ce n’était pas le plus payant – avait l’avantage d’être assuré, avec un horaire fixe et de bonnes assurances collectives. De plus, j’avais des collègues de travail que j’ai beaucoup aimés, et qui me manque. Même quand je passe faire un tour pour leur dire bonjour, jamais je n’ai voulu regarder derrière. Pour avancer, il me fallait faire une coupure pour cesser de tourner en rond pour qu’enfin je puisse aller de l’avant vers la réalisation de ce vieux rêve d’être mon propre patron.
Malgré les difficultés rencontrées, la chose que je trouve la plus belle est d’être en parfait contrôle de mon agenda. Je sais que je dois réfléchir longuement chaque décision et la précarité financière du moment me force à user de mon imagination afin que chaque dollar investi puisse me rapporter le plus. Mais comme tout est temporaire, je finirai bien par trouver un jour la bonne combinaison qui me permettra de prendre cet envol sur lequel je travaille sans relâche.
S’il y a une chose qui m’a fait du bien au cours de l’été, ce sont tous ces témoignages d’autres travailleurs autonomes qui m’ont partagé de leur vécu. Le partage de leur expérience m’a éclairé autant qu’il m’a rassuré.
Rien n’est facile en ce bas monde, et tant mieux s’il en est ainsi. Si tout nous tombait toujours tout cuit dans le bec sans que nous fassions le moindre effort, la vie serait ennuyeuse. Toutes ces turbulences que l’ont rencontre mettent du piment à l’histoire de notre vie et nous forcent à réagir et à nous faire apercevoir jusqu’à quel point on désire atteindre tel ou tel objectif. Ainsi, une fois qu’il est atteint, la satisfaction qu’on en retire n’est que plus agréable!

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