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Soirée canadienne à Pyongyang

Deux choses m’ont aidé à tuer le temps pendant que je soignais ce lumbago qui semble enfin vouloir se terminer : regarder de vieux épisodes de « Soirée canadienne » sur Illico et, sur une touche plus sérieuse, visionner des documentaires sur le pays le plus fermé de la planète : la Corée du Nord.
Je suis fasciné par la Corée du Nord et sur ce à quoi doit ressembler la vie dans cet endroit où le temps semble s’être arrêté et où le culte de la personnalité de ses dirigeants dépasse toute forme d’entendement inimaginable. Tourner des images dans ce pays relève de la haute voltige extrême tellement ce pays exerce un contrôle obsessionnel sur tout ce que les rares étrangers autorisés à pénétrer dans le pays prennent comme image. D’ailleurs, nombreuses sont les fois où l’on voit des représentants de l’autorité nord-coréenne ordonner la destruction de certaines images qui peuvent compromettre l’image de la Corée du Nord à l’extérieur de ses frontières, ignorant que d’autres caméras, plus petites, les filment à leur insu.
Deux des trois documentaires que j’ai vus ont d’ailleurs été filmés à l’aide de caméras cachées. Dans les deux cas, on est témoins de l’arrivée en sol nord-coréen des journalistes déguisés en touristes, qui sont accompagnés à chaque moment de guides gouvernementaux chargés aussi de les surveiller, puisqu’ils voient en chaque touriste un espion potentiel. Mais malgré leur zèle obsessif, ces documentaires nous montrent un pays déconnecté de la réalité, prisonnier d’une autre époque, une contrée où règnent famine, pauvreté et paranoïa, dans des proportions inimaginables.
L’autre documentaire suit des Nord-Coréens qui risquent leur vie pour quitter leur pays et gagner la Corée du Sud via une odyssée de plusieurs milliers de kilomètres à travers la Chine, le Laos, la Birmanie et la Thaïlande. Un voyage où la discrétion est absolue, car le moindre faux pas pouvant éveiller des soupçons pourrait les contraindre à retourner dans leur pays, qui fait la vie dure à ses résidents qui veulent s’en sauver.
On les voit corrompre des soldats nord-coréens pour traverser une rivière qui leur permet de gagner la Chine. Ensuite, ils doivent aller à Pékin pour prendre un train qui les amènera à la frontière du Laos, qu’ils doivent traverser de nuit et en forêt. Ce n’est qu’une fois rendu en Thaïlande qu’ils peuvent considérer que tout danger est écarté. Ils n’ont plus qu’à se rendre à Bangkok, à l’ambassade de Corée du Sud, qui leur donne le statut de réfugié et qui leur paie un vol direct vers Séoul, terre de liberté ultime pour des gens qui ont payé le gros prix pour s’y rendre. Mine de rien, la chose est risquée. Avant le départ du groupe que le documentaire a suivi, un jeune couple nord-coréen a été vu avec son bébé. Ils devaient entreprendre leur odyssée vers la Corée du Sud quelque temps après ce groupe. À la fin du documentaire, on a appris que le couple n’a jamais fait le périple, ayant été démasqué par les autorités chinoises qui les ont ramenés en Corée du Nord. Le bébé du couple a été placé en adoption, alors que le couple a été séparé et a vu l’homme et la femme qui le composaient prendre le chemin de deux camps de travail distincts avant d’être finalement exécutés.
Bref, ce fut des documentaires aussi fascinants que révoltants, assez pour espérer que ce « Jurrasic Park » du communisme – tel que le décrit un journaliste français – tombe un jour.
D’ici là, regarder de vieux épisodes de « Soirée canadienne » m’a réconcilié avec mon pays, mes valeurs, mes racines et mon folklore. Ça m’a permis de me calmer les nerfs un petit peu, révolté de voir qu’un pays comme la Corée du Nord se permet encore des barbaries digne d’une autre époque sur son propre peuple, qu’il affame sans merci.
Mais laissons la Corée du Nord dans son isolement et renouons avec nos gigues, nos rigodons, nos chansons à répondre, nos reels qui chantent l’attachement d’un peuple à ses racines et à sa joie de vivre sur ce territoire qu’il adore.
C’était le bon temps!!
En avant la musique!!

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