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Les Nordiques, mon cul!

Je dois vous confier quelque chose. Je haïs à m’en confesser la Nordiques Nation.
Soyons francs! Je n’ai rien contre le fait que des gens qui font de l’espoir du retour des Nordiques à Québec en fassent une quasi-religion. — Après tout, il y en a bien qui font pareil avec l’espoir que le Québec devienne un pays à gauche où tout est gratuit, payé par l’État, sans qu’on paie trop d’impôts. — Moi-même, qui a supporté les Nordiques de Québec de façon fidèle pendant chacune des 16 saisons d’existence des fleurdelysés, même pendant les pires des pires saisons de l’histoire du club, j’espère de tout cœur que l’équipe de hockey de mon enfance renaisse de ses cendres et que reprenne cette merveilleuse rivalité entre le Canadien et les Nordiques!
Sauf que ma vie ne tourne pas autour de cet espoir qui ne se concrétisera peut-être jamais, sauf que ma vie ne sera pas affectée si jamais cette renaissance ne se concrétise pas. Et surtout, c’est quoi l’idée d’affubler un nom anglophone à un regroupement francophone qui espère la renaissance d’une équipe qui a du se battre contre les instances de la Ligue nationale de hockey pour avoir le droit d’annoncer les buts uniquement en français?
Petit rappel historique. En 1979, Québec était admise dans la Ligue nationale de hockey suite à une fusion entre cette ligue et la défunte Association mondiale de hockey, circuit professionnel concurrent né en 1972 et mort d’avoir voulu être trop gros trop vite, à l’instar de la grenouille dans la célèbre fable de La Fontaine. C’était quelques mois avant le premier référendum sur la souveraineté du Québec, et consciente du fait que sa clientèle est en très grande majorité unilingue francophone, l’organisation des Nordiques de Québec a décidé de se plier à la loi 101 et de n’annoncer les buts et les pénalités qu’uniquement en français lors des matches disputés dans un Colisée fraîchement rénové pour permettre à Québec de revenir dans la grande ligue après presque 60 ans d’absence, les Bulldogs – tiens! Un nom anglophone pour ce premier club de Québec dans la LNH — ayant quitté pour d’autres cieux en 1920.
Cette décision n’a pas été bien accueillie dans la très anglophone LNH qui a toutefois accepté de se plier à cette décision sans trop broncher. Jamais telle chose n’a dérangé quoi que ce soit dans quelconque des matches disputés par les Nordiques à Québec entre 1979 et 1995. Ceux qui s’opposaient au départ à cette mesure ont fini par apprécier le fait que cela donnait un charme supplémentaire à cette ville où tout le monde aimait bien jouer.
Si la « Nordiques Nation » s’appelait plutôt la « Nation nordique », j’en ferais sans doute partie. Après tout, Québec est une ville francophone, capitale d’une province francophone, et ses Nordiques, à l’époque, francisaient le nom de chaque événement majeur qu’ils organisaient. Qui se souvient de Rendez-vous ’87 ou d’Invitation ’93 (le nom du repêchage amateur tenu à Québec en juin 1993)? Deux événements d’envergure organisés par les Nordiques, qui portaient des noms dont on se sert plus souvent en français qu’en anglais, où leur usage est moins fréquent. Il aurait été souhaitable que la « Nordiques Nation » fasse pareil à mon avis.
Ses fondateurs ont-ils honte d’être francophones? Ont-ils honte de leur langue? Je ne crois pas que ce soit le cas, sauf qu’il m’arrive parfois de me le demander, comme si le fait que le nom soit anglophone augmentait les chances de voir la grande ligue revenir à Québec au même moment où ouvrira le nouveau temple Vidéotron, financé par les fonds publics tout comme l’agrandissement de l’ancienne bâtisse l’avait été en 1979, lors du premier retour.
Ce qui permettra ce retour tant espéré n’est pas l’usage d’un terme anglophone, mais plutôt le fait que la LNH pense qu’un retour à Québec servira ses intérêts. Comme on dit en anglais, money talks! Et quand la money talke, le fait qu’elle le fasse en français, en chinois, en anglais, en bhoutanais ou en n’importe quelle autre langue, cette question de sémantique n’a aucune foutue d’importance. Si Gary Bettman décide d’aller à Québec, il y ira. S’il décide du contraire, il n’ira pas. Simple de même. Je ne pense pas vous apprendre quoi que ce soit en vous disant ça.
J’espère sincèrement que les Nordiques renaîtront. Mais s’ils ne le font pas, la Terre va tourner encore, ma vie ne s’en portera pas plus mal, et le Canadien continuera de perdre. Voilà!

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