Sortez-moi de ma prison cellulaire

L’acquisition d’un téléphone cellulaire représente une source de joie pour bien des gens. Ce fut mon cas il y a un peu plus d’un an lorsque j’ai fait l’achat d’un cellulaire dernier cri qui ne l’est cependant pas resté bien longtemps. En cette ère où Apple lance son nouveau iPhone 6 et plein d’autres gugusses techno du même acabit, j’en suis venu à la conclusion que ce genre d’affaires représente à mes yeux bien plus une prison virtuelle qu’un réel moyen de communication.
Je n’ai pas fumé ni consommé de drogues, mais force est d’admettre que le virtuel est ma manière d’échapper à un quotidien que je ne trouve pas rose. Cela a ses bons comme ses moins bons côtés. À tout moment, je peux savoir combien de gens ont lu mes trucs, aussi ce qu’ils en pensent. Je peux même écrire un nouveau truc avec mon cellulaire, même si je ne l’ai pas fait si souvent que ça, le clavier étant petit pour mes doigts un peu trop gros pour eux.
Je peux aussi téléphoner, déconner sur Facebook et Twitter comme bon me semble, sauf que je me demande si cela est vraiment utile de le faire aussi compulsivement que je le fais depuis presque toujours.
Il m’arrive parfois de laisser mon cellulaire de côté pour quelques heures, me sacrant bien des inquiétudes que mon absence des lieux virtuels peut provoquer, encore là seulement si elle en provoque, chose dont je doute fort qu’elle se soit produite un jour.
Pour être franc avec vous – et au risque de me répéter —, je ne me suis jamais autant ennuyé de mon bon vieux téléphone avec fil que depuis que je me suis procuré à grands frais ce bidule hautement coûteux qui fait croire qu’on a fait un bon en avant dans la technologie, alors que tout ce qu’elle a réussi à me faire est de m’isoler complètement et de mettre de la distorsion dans la façon que je devrais voir le monde.
Le cellulaire et internet nous permettent de voir le monde à travers de lunettes qu’on conditionne pour éviter que la vision que l’on en obtient ressemble à une réalité dont on aimerait pouvoir se sauver. Sauf que ma nature de communicateur me place dans une position qui me force à devoir composer avec eux, car c’est un peu à travers tout ça que passe ma survie sur le plan monétaire. Sans internet, personne ne sait que j’existe, personne ne sait que je suis capable de faire des trucs, bref je ne vis pas dans mon époque.
On a bien beau vouloir pester contre les inconvénients de tout ça, on ne peut pas s’en passer totalement sans en subir les conséquences.
Reste plus qu’à changer le rapport qu’on a avec ces affaires, chose bien plus facile à dire qu’à faire, sauf qu’il faudra bien y parvenir un de ces jours, question de changer cet équilibre plutôt malsain qui me fait m’isoler, ce que je trouve de plus en plus insupportable.
Quand je réussirai à faire installer internet chez moi, je ferai poser aussi une ligne téléphonique, et mon cellulaire se verra ainsi mis en retraite préventive, le temps que je rembourse mes factures astronomiques et que je quitte ce fournisseur qui m’a roulé dans la farine comme un enfant d’école. — Il paraît que se faire avoir est aussi une chose qui arrive quand on décide un jour d’être à son compte, mais bon j’assume. Je n’ai pas le choix! —
Une bonne partie de la thérapie consistera à sortir de chez moi pour aller voir le monde, faire des trucs, socialiser. J’ai toujours vécu en antisocial, presque ermite. Je n’aime plus vraiment ça. Si je pétais une crise cardiaque ou un anévrisme dans mon sommeil, je mourrais dans le désintérêt le plus total, jusqu’à ce que ma proprio trouve mon cadavre dans mon lit, sans doute déjà mort depuis une longue période. Ce n’est pas ce que je veux qui arrive et ce n’est pas une fin que je souhaite, d’autant plus que je ne veux pas qu’elle survienne prochainement, ayant encore tant de choses à accomplir ici-bas.
Comme certains ont du vaincre leur dépendance à l’alcool, la drogue et/ou la cigarette, je dois profiter de ce moment où j’ai tout sacré par terre pour repartir à neuf pour reprendre le dessus sur cette cyberdépendance qui m’a fait échouer mes études et rater ma carrière radiophonique. Je n’y parviendrai pas seul, mais ce n’est pas en restant chez moi à ne rien faire que je mettrai fin à cette solitude.
Qu’on me vienne en aide!

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