Blogue au thon

Emploi Québec blues

« La meilleure façon de tuer un homme, c’est de le payer pour être chômeur!
Et ça fait gai, dans une ville, ça fait des morts qui marchent! »
Félix Leclerc (1914-1988), 100 000 façons de tuer un homme

On devrait interdire à tout chômeur dépressif d’aller faire un tour dans un bureau d’Emploi Québec. Il paraît, d’ailleurs, qu’on n’a pas le droit d’y mettre ni cordes ni couteaux, par crainte de voir des gens se suicider dans ces lieux.
Blague à part, j’ai eu récemment le « bonheur » d’aller faire un tour dans un bureau situé à une vingtaine de minutes de marche de chez moi. Première impression quand on y entre : celle d’entrer à la fois dans la chanson « Les bonriens » de Richard Desjardins et en plein dans une scène de « L’âge des ténèbres » de Denys Arcand. La seule différence, c’est que l’action ne se déroule pas au Stade Olympique et que ce n’est pas Gaston Lepage qui nous souhaite la bienvenue avant de nous diriger vers le bon département tout en nous expliquant en détail par où passer pour s’y rendre.
L’action se déroule dans un édifice gris et tristounet de la rue d’Iberville à Montréal qui abrite aussi un salon de quilles et le bureau d’arrondissement de Rosemont-Petite-Patrie, mon nouveau quartier. À l’accueil se trouve un homme mal habillé, bougon et laid. Il dit aux gens de remplir des formulaires et les vérifie avant de nous acheminer aux bons guichets.
En regardant un peu partout dans le bureau, on voit toutes sortes de mondes impliqués dans toutes sortes de scènes. Une grosse madame dans la cinquantaine qui manipule tant bien que mal un ordinateur vieillot qui ne fonctionne pas vite et qui surfe sur le site internet d’Emploi Québec (zzzz). Un immigrant africain, la tête remplie de cheveux gris, qui noircit des feuilles de papier brouillon à la main, toujours à la quête d’un emploi. Deux employés derrière un comptoir qui se jasent de l’épisode des Chefs de la veille pendant que plein de gens font la file pour les voir, pendant qu’une autre de leur collègue dit à un jeune couple latino-américain qu’elle ne parle pas anglais, mais qui se doit de leur parler dans cette langue trente secondes après, car ils ne parlent visiblement pas notre langue.
Les lieux sont toutefois bien tenus, surtout les toilettes! Je n’ai pas osé vérifier si c’était des toilettes silencieuses à la Pauline Marois, mais bon…
J’avais demandé à un fonctionnaire si je pouvais suivre une formation en continuant de recevoir mon chômage. Comme j’ai un diplôme universitaire, je n’ai pas droit à ce privilège, mais on m’a quand même demandé de remplir un formulaire et d’aller voir un autre fonctionnaire, juste au cas où. J’ai rempli ledit formulaire et quand je suis allé pour le reporter, l’air bête à l’accueil m’a dit qu’il était bien rempli, mais qu’il me fallait revenir le lendemain matin, puisque la journée se terminait pour les fonctionnaires. Il était 15 h 30, une heure avant l’heure prévue de fermeture. Pas de dossier de plus pour les ronds de cuir! Faut pas les surcharger, pauvres eux!
Leur bureau ouvre à 8 h 30 le matin, sauf le mercredi, où il ouvrent à dix heures. Le mercredi matin, ils apprennent comment intégrer le feng shui dans leur mode de travail ou à parler l’allemand à travers leurs flatulences. Il paraît que faire des activités diverses les aide à mieux travailler (zzzzz).
Mais ça ne paraît pas quand on les voit faire. Lents comme des tortues, maternants comme dans un mauvais épisode de Passe-Partout, j’ai rarement vu dans ma vie des gens aussi démotivés et aussi démotivants au même endroit.
En sortant, j’ai vu qu’il y avait un Tim Horton’s juste à côté dudit bureau. Tous les postes sont ouverts pour ceux qui veulent bien y travailler. Non merci, je passe mon tour! J’ai ma fierté, vous savez! Au moins, ils savent comment rejoindre leur clientèle…
Le fonctionnaire d’Emploi Québec m’a donné rendez-vous pour une séance d’information collective sur les services réels de cet organisme gouvernemental, une belle façon de me faire dire en me jouant du violon qu’on ne peut rien pour moi.
C’est peut-être mieux ainsi! Je ne me suis d’ailleurs jamais présenté au rendez-vous en question!
Emploi Québec, grâce à tes locaux laids et à ton personnel déprimant, j’ai compris que je n’avais pas besoin de toi pour me sortir du bourbier, qu’il fallait que pour une fois dans ma vie, je mise sur moi pour m’en sortir et personne d’autre!

Publicités

1 réflexion au sujet de “Emploi Québec blues”

  1. Je crois que tu a super bien résumé ce que je pense du gouvernement et que bien d’autre pense tout bas d’ailleur. On est jamais aussi bien servis que par soit même. D’ailleur quelqu’un qui veux n’a qu’a se promener dans les cartiers industriel d’anjou, de la chine ou de ville st-laurent pour voir afficher en GROS caractères sur les édifices « Nous embauchons ».
    Allé, tous ensemble « bravo Québec pour ton magnifique travail de rabaissement et de contrôle des populations » (clap clap clap des mains)

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s