Blogue au thon

Champagne pour Carole!

C’est bien rare que j’écoute des cassettes, mes oreilles étant principalement monopolisées par la radio, ma gigacollection de disques compacts et les chansons qui habitent mon iPod et mon iPhone. Mais ce soir, j’ai découvert qu’il y avait encore une cassette dans ma chaîne stéréo. En appuyant sur play, j’ai eu une belle surprise!
Je suis tombé sur l’enregistrement de ma dernière journée d’animation à l’antenne de CKGN-FM, à Kapuskasing, berceau de la francophonie dans le nord de l’Ontario, capitale d’un amas de hameaux remplis de gens fiers de leurs racines, répandus le long de la route 11. C’était le 5 mars 2005, une journée qui sera toujours spéciale à mes yeux. Tous mes collègues sont venus me voir pour un dernier brin de conversation en direct à la radio, le journaliste Dominic Cyr, l’animatrice Catherine d’Anjou – malheureusement perdue de vue depuis longtemps – et l’animateur Simon Landry, le seul de la bande que nous formions qui travaille encore en radio aujourd’hui. Sans oublier Yvon Guillotte, directeur de l’école secondaire locale, avec qui j’animais une émission sportive le mercredi soir et avec qui j’en ai animé une toute dernière pendant ce samedi spécial, quatre ans jour pour jour avant qu’il ne meure subitement, victime d’un malaise cardiaque.
Mais l’une de celles dont je n’oublierai jamais la contribution fut la chanteuse country Carole Champagne. Étoile montante locale, je me suis toujours fait un devoir de l’encourager en faisant jouer ses chansons dès que j’ai fait mon entrée dans cette station, en avril 2004. Rapidement, des liens se sont créés avec elle, si bien qu’en plus de connaître la chanteuse qu’elle est, j’ai aussi eu la chance de découvrir la cuisinière exceptionnelle qu’elle est, ce qui n’a pas du tout été bon pour ma ligne, mais bon pour bien d’autres choses!
Après mon départ de Kapuskasing, j’ai perdu Carole de vue. Mais c’était avant Facebook… Quand ce réseau social a eu sa grosse poussée vers 2007, et que j’avais ouvert ma page, j’ai tôt fait d’ajouter Carole à mes amis. Étudiant au certificat en journalisme à l’Université de Montréal et aussi animateur d’une émission du dimanche après-midi à CHOC-FM, à Saint-Rémi, j’ai eu l’idée d’inviter Carole en entrevue et de faire jouer de ses chansons, afin de la faire connaître au Québec. De plus, grâce aux confidences qu’elle m’avait faites, j’ai pu faire un article que j’ai proposé à un magazine country, qui l’a publié sans me payer pour mon travail. Malgré tout, c’est grâce à cette opportunité que j’ai vraiment pu faire connaissance avec Carole.
J’ai su qu’elle chantait depuis son enfance, que son goût du country lui vient de son père Ronald, un homme très doué à la guitare. Elle avait toujours maintenu l’envie de chanter du country et d’en faire une carrière, mais elle ne se sentait pas assez bonne pour y parvenir. Elle s’est mariée, a eu des enfants et au tournant des années 2000, un événement dramatique déterminant pour la suite des choses s’est produit, alors qu’elle a été diagnostiquée avec un cancer des vaisseaux sanguins.
Après avoir affronté et vaincu ce cancer, Carole s’est dit qu’elle se devait d’affronter ses peurs, et a voulu réaliser son rêve de faire carrière dans le monde de la musique country. C’est alors qu’elle s’est mise à envoyer des enregistrements domestiques de ses chansons à Nashville, dans l’espoir d’y être remarquée. Un beau jour, le téléphone sonna chez Carole et c’était des gens de l’endroit qui s’intéressaient à elle et qui lui ont permis de réaliser son rêve.
Carole a souvent enregistré des albums à Nashville, avec des musiciens réputés, et même avec Dolly Parton, son idole d’enfance. Elle a chanté son country un peu partout au Québec, en Ontario et aux États-Unis, conquérant à chaque fois un lot croissant de nouveaux admirateurs.
Si je vous en parle aujourd’hui, c’est que Carole a récemment passé des tests pour savoir si le cancer était revenu. Après des années d’absence, la maladie est revenue. Heureusement, une intervention chirurgicale et de nouveaux tests ont révélé que le cancer a été mis en échec de nouveau.
La prochaine fois que Carole montera sur scène, elle aura une raison de plus de jubiler sa joie de chanter du country et de voir que la vie lui laisse une autre chance pour qu’elle continue de le chanter encore longtemps.
S’il y a un message intéressant dans l’histoire de Carole, c’est sur la nécessité de réaliser nos rêves coûte que coûte, et qu’il ne faut pas attendre que la calamité frappe pour qu’on le fasse. Et surtout, qu’il n’est jamais trop tard pour le faire.
Bravo Carole pour ta victoire! Ton positivisme et ta foi en l’avenir ont encore une fois eu raison sur le malheur!

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