Blogue au thon

Être gai sous la pluie

Il fallait que le sud de l’année nous fasse du nord en cette fin de semaine où on réalise que la rentrée approche à un pas encore plus vite qu’il y a un ou deux mois. Le mercure est frais, la pluie tombe et nous avons un panorama d’octobre en plein mois d’août.
Pourtant, ça me rend gai, la pluie. Quand il pleut, on dirait que la nature se repose, qu’elle se met en jachère le temps de se refaire des forces, car on sait que trop de soleil et de chaleur peuvent parfois lui donner mauvaise mine. Quand l’eau nous tombe sur la tête à grands seaux, nos rivières sortent de leur torpeur et nous démontrent – parfois dans l’excès – toute leur puissance. Après tout, nos cours d’eau sont bien plus beaux quand ils sont vivifiés par un apport important de précipitations que quand la sécheresse leur donne une impression d’être au ralenti tellement la perte d’eau les a affectés.
Je suis heureux même quand il pleut. Et je fais des trucs même quand il pleut, alors que la majorité préfère le faire quand il fait beau. Tiens, j’ai envie de vous parler de la première fois de ma vie où je suis allé au Village des Sports de Valcartier, au nord de Québec. C’était un samedi d’août 1991 où il pleuvait à boire debout. Le mercure n’a pas monté plus haut que 15 degrés ce jour-là et j’ai eu du plaisir à cet endroit plus que toute autre journée où j’y suis allé par la suite. Les glissades d’eau étaient ouvertes même si la température était d’une mocheté à faire repousser tous les frileux de la terre. Or, je ne suis pas un frileux! L’hiver, même quand il faisait – 40 degrés, je sortais parfois chercher le courrier en shorts et en veste Alaska. Le froid tonifie, il paraît. Et pour les cinq minutes que durait l’opération, je ne gelais pas une miette.
Mais pour en revenir à ce samedi d’août 1991 où la pluie tombait presque à l’horizontale et où la fraîcheur faisait même se former de la brume dans ce haut lieu du tourisme de la région de Québec, le fait qu’il n’y avait presque personne était la meilleure chose qui pouvait arriver aux braves – dont ma famille faisait partie – qui étaient venus quand même sur les lieux, où l’eau est chauffée presque partout. Il n’y avait pas d’attente aux glissades, ce qui faisait en sorte que nous avons pu nous glisser dans toutes les glissades aussi souvent que nous le voulions, chose impossible à faire en temps normal.
Ma famille y est retournée deux ans après. C’était le dernier dimanche des vacances de la construction et le soleil brillait de tous ses feux. La chaleur était accablante et la densité de la foule aussi. Il fallait attendre parfois jusqu’à 40 minutes pour une descente qui ne durait à peine que quelques secondes. À la fin de la journée, tout le monde était rouge comme un homard, déçu d’avoir eu cette idée de venir ce jour-là, où on savait que des dizaines de milliers de vacanciers à leur dernier jour de vacances allaient être là en même temps que nous.
Demain, ce sera la parade gaie. J’y serai, beau temps mauvais temps. J’y serai seul en espérant ne pas en revenir dans cet état-là, ce qui n’arrivera pas, sauf si la grande main invisible du Destin décide à ce moment précis que j’aurai tort. Mais ça on verra…
Ce qui me rend souriant quand il pleut, c’est de voir la mine basse des gens qui se plaignent de la pluie, qui se disent victime d’un mauvais sort, qu’ils voient la pluie qui tombe comme si la grande main invisible du Destin leur imposait une punition qu’ils auraient méritée. Je souris à les voir, car ils me rappellent la chance que j’ai d’aimer ça la pluie, et que s’ils parvenaient à l’aimer aussi, ils ne serait qu’en meilleure paix avec eux-mêmes.
Vous n’aimez pas la pluie? Je vous suggère d’aller vivre au Sahara ou en Antarctique. Le Soleil brille à ces endroits. 365 jours par année, 366 lors des années bissextiles. Il brille sans interruption depuis tôt le matin, lors du lever, jusqu’à la dernière fraction de seconde de son coucher. Et ça, c’est quand il se couche! À certaines latitudes polaires, le soleil ne se couche pas pendant de longues semaines – en raison de l’inclinaison de la Terre – s, de quoi intéresser les plus ardents amateurs de l’astre du jour!
Même s’il prévaut à ces endroits des températures si extrêmes que presque aucune vie ne peut y survivre, le Soleil brille quand même! Et surtout, il ne pleut pas!

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