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Montréal, ville de baseball

Je n’ai jamais douté une seconde de ma vie que Montréal était une ville de baseball, même dans les pires années du déclin des Expos, même quand l’annonce de leur départ vers Washington en 2004 a été faite. D’après moi, ce n’est pas parce que Montréal n’aime pas le baseball si les Expos sont partis, mais plutôt parce que tant d’événements hors terrain ont fini par enlever le goût du baseball majeur aux gens.
Pourtant, tout ça était bien loin derrière quand j’ai assisté aux deux rencontres préparatoires entre les Mets de New York et les Blue Jays.
Une ambiance festive
La mort lente des Expos semblait déjà bien loin dans ma tête et dans celle de tous ceux qui s’y sont déplacés. Après tout, près de 100 000 spectateurs se sont déplacés sur les lieux. Les gens dansaient et chantaient. Ça faisait même la vague comme dans les belles années, et je la suivais comme un enfant qui ne cherchait qu’à s’amuser. C’était beau de voir tous ces bras se lever d’un coin du stade dans un mouvement circulaire qui se répétait à maintes occasions pendant les deux rencontres. Le party était pogné, et tous profitait de chaque instant que ça durait, sachant que ça ne ferait que passer, dans l’espoir qu’un jour ça revienne pour vrai.
Un stade désuet
C’était important que la fête soit prise. Ça permettait d’oublier les Loria, Brochu, Selig, Fehr et cie qui ont cloué le cercueil des Expos il y a longtemps. Ça permettait surtout d’oublier la lente décrépitude de ce bidet surdimensionné qui nous sert de stade. Ça permettait d’oublier la sonorité exécrable des lieux, la laideur des toilettes, la saleté des fenêtres, la poussière sur des sièges sur lesquels personne ne s’est assis depuis 1983, etc.
Le party permettait aussi d’oublier que la fille qui chantait les hymnes nationaux vendredi soir les a massacrés. C’est une très bonne chose pour elle et ses ambitions de carrière dans le domaine si je ne me souviens plus de son nom. Le party aussi permettait d’oublier les indigestes hot-dogs trop chers, fabriqués de lèvres et d’anus de bœuf, mal cuits et que l’on ne pouvait assaisonner qu’avec de vulgaires sachets de condiments dignes des pires cafétérias d’école secondaire. Sans oublier la pisse de houblon, vendue presque 10$ pour un verre que l’on cale en trois gorgées.
Les vrais gagnants
Mais bon, laissons le négatif derrière et regardons les choses dans leur perspective. Même si les Blue Jays de Toronto ont été victorieux lors des deux rencontres, les véritables gagnants de cette fin de semaine au Stade Olympique auront été Montréal et le baseball.
Montréal a su démontrer qu’elle aimait toujours autant le baseball, puisque près de 100 000 personnes se sont déplacées pour l’ensemble des deux rencontres, un message clair! Denis Coderre, maire de Montréal qui a effectué le lancer protocolaire vendredi soir habillé aux couleurs des Expos, est un homme qui croit au baseball dans sa ville et qui est prêt à tout faire pour que la renaissance du baseball majeur soit chose faisable malgré les embûches.
Le baseball a aussi gagné en visibilité et en amour en se démontrant dans toute sa beauté, un sport dans lequel le chronomètre ne compte pas, dans lequel s’impose une lenteur quasi-balzacienne. Un sport qui nous rappelle l’été, même s’il est disputé dans une enceinte grise et désuète couverte par un dôme qui menace de s’écraser à la moindre averse de neige.
Pas pour demain matin
Avant de revoir les Expos renaître de leurs cendres, je sens qu’il faudra autant de temps que d’argent. Le baseball majeur n’a pas de projet d’expansion pour le moment, et aucune équipe n’est sur le point de déménager, même si les Rays de Tampa Bay et les Athletics d’Oakland ne sont pas capables pour le moment de se faire bâtir le stade qu’il leur faut pour espérer continuer d’exister là où ils sont.
Et c’est justement là le problème : il faut un nouveau stade, proche du centre-ville de Montréal. Mais avec quel argent le bâtira-t-on? C’est un des nombreux écueuils que rencontreront ceux qui voudront faire du retour du baseball majeur à Montréal une réalité.
Au niveau du baseball majeur, on semble intéressé de nouveau à Montréal, mais pas dans le Stade Olympique, qui ne peut au mieux que servir de domicile temporaire en attendant que le nouveau soit fini de construire.
D’ici-là, les rencontres pré-saisons entre les Blue Jays de Toronto et une autre équipe deviendront sans doute une tradition printanière à Montréal, et les gens qui y iront crieront « Let’s go, Expos! » comme pour attirer l’attention du destin pour qu’on jour ils lancent ce crie à ces Expos qui seront renés de leurs cendres une fois pour toutes. Et j’en ferai partie!
Let’s go, Expos!

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