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Quelques critiques éparses

J’ai toujours rêvé de critiquer des disques. Dès qu’internet est entré dans ma vie, je me voyais critiquer des disques, un peu comme dans le Voir, un peu comme un Claude Rajotte en culottes courtes. En 2000, suite à un accident de la route qui m’a contraint à ne rien faire pendant de longues semaines, j’ai décidé de me payer ce plaisir. Je me suis donc ouvert un petit site internet, un genre de blog avant le temps, dans lequel je critiquais des disques et publiais des éditoriaux de mon cru. Et je payais les disques que je critiquais!

L’expérience a duré un peu plus d’un an. Je suis déménagé à Montréal, j’avais commencé à suivre un cours d’animateur de radio, je travaillais et je n’avais plus le temps et l’énergie nécessaires pour m’occuper de ce tout. Cependant, ça m’avait ouvert les portes de Planète Québec, un site qui fonctionne un peu comme un quotidien, pour lequel j’ai collaboré bénévolement de 2001 à 2007. J’y critiquais des disques – assez maladroitement, j’en conviens! – et je parlais des ouragans. Je n’étais pas payé, mais je me suis fait du bon temps en collaborant avec eux. J’ai cessé de mon propre chef de collaborer avec eux, suite à un désintéressement de ma part de parler d’ouragans dans le vide quand Météomédia le fait déjà mieux que moi.

 

Me voici donc renouant, sans trop me prendre au sérieux mais avec le désir de me faire du fun, avec la critique musicale. Ne le prenez pas personnel si je n’aime pas un disque que vous aimez (ou l’inverse). Il n’existe de toute façon aucune corrélation réelle entre l’accueil de la critique sur un disque et les ventes de ce dernier. De grands navets descendus par la critique ont très bien vendu quand même alors que d’autres disques encensés par la critique sont passés inaperçus. L’inverse se produit aussi. Il ne faut pas prendre l’exercice de critiquer au sérieux, il faut seulement ne pas oublier que le critique aussi a un show à donner, et qu’à l’instar des artistes dont il critique les disques, son sort dépend un peu de la réaction du public à son travail… Assez de bla-bla et tombons tout de suite dans le vif du sujet!

 

Jake Bugg

 

Shangri La

 

(Virgin EMI/Universal)

 

Novembre 2034. Deux artistes dont les initiales sont JB mènent chacun leur tournée. Le premier, qui remporte le même succès public et critique depuis ses débuts, charme encore la foule avec son jeu à la guitare et ses compositions accrocheuses. Quant à l’autre JB, il fait une tournée-souvenir avec Miley Cyrus, Lady Gaga et One Direction dans laquelle ils chantent leurs hits de ce bon vieux temps où leurs tounes pognaient, car les derniers albums de ces artistes sont tous passés dans le beurre, les fans préférant leurs vieilles chansons aux nouvelles.

 

Pas besoin de vous dire de quel JB je vous parle en terme élogieux. Il est britannique, n’a même pas encore 20 ans, et Shangri La est son deuxième disque. Comme sa compagnie de disques mise beaucoup sur lui, elle a fait appel au bon vieux Rick Rubin pour le produire. Moi qui n’a pas écouté son premier disque, j’ai tout de suite été envoûté par l’énergie de Jake Bugg, au point où je n’ai pas vu le temps passer à l’écoute de ce disque. Le jeune homme n’a pas les pecs de Bieber, mais Bieber ne manie pas les pics autant que Bugg. Même si sa voix sonne un peu comme celle de Bob Dylan – ça tombe un peu sur les nerfs – , je me range du côté de ceux qui croient que le jeune homme a un très bel avenir devant lui! Mes coups de cœur : What Doesn’t Kill You, A Song About Love, Storm Passes Away.

 

Miley Cyrus

 

Bangerz

 

(RCA/Sony)

 

Fille d’un one hit wonder du country, Miley n’est pas une inconnue, elle qui incarnait une jeune chanteuse sage dans une production de Disney, Hannah Montana. Mais quand on grandit avec une image de vedette-enfant et qu’on veut continuer dans la chanson, un virage radical s’impose. Miley l’a pris, s’est déshabillée et s’est mise à provoquer controverse par dessus controverse, tout ça pour assurer de la publicité à son véritable premier disque enregistré sous son vrai nom. Moi qui pensait avoir affaire avec un disque poche, Miley est venue proche de me donner raison dès la première chanson, car elle est d’un ennui mortel. Mais à la deuxième chanson, ça part dans le bon sens et je suis resté accroché jusqu’à la toute fin, agréablement impressionné. Miley est une excellente chanteuse qui écrit des pièces assez solides et qui sait bien s’entourer. La musique est tellement bonne qu’on ne peut qu’être navré de la voir jouer autant la carte sexuelle dans ses clips et ses coups d’éclat médiatiques, et c’est là qu’elle perd beaucoup de crédibilité. Si elle adopte un peu plus de retenue à ce niveau, cela pourrait faire en sorte qu’elle ne subisse pas le même sort que son père, Billy Ray Cyrus, qui a disparu assez vite des palmarès après son Achy Breaky Heart, en 1992, pendant que Miley grandissait dans le ventre de sa maman.

 

Coups de cœur : SMS (Bangerz) avec Britney Spears, Wrecking Ball, Maybe You’re Right

 

Lorde

 

Pure Heroine

 

(Universal)

 

Quand on fait de la bonne musique, elle va aussi loin qu’elle veut aller, même si on n’a que 16 ans et qu’on vient de Nouvelle-Zélande. Lorde est la surprise que personne n’a jamais vu venir. Sans déshabiller autre chose que son âme, la néo-zélandaise – dont le véritable nom est Ella Maria Lani Yelich-O’Connor – vise dans le mille avec un premier disque chaleureux et prometteur, dont elle signe toutes les paroles et musiques. Elle ne fait toutefois rien de révolutionnaire, mais c’est quand même assez intéressant pour croire qu’elle ne disparaîtra pas de sitôt du paysage musical. En espérant qu’elle ne sera pas brûlée comme une certaine Adele…

 

Coups de cœur : 400 Lux, Team, Royals

 

Leonard Cohen

 

New Skin For The Old Ceremony

 

(Columbia/Sony)

 

Les jeunes lecteurs vont probablement passer par dessus cette critique d’un album sorti en 1974 que j’ai récemment acheté pour une bouchée de pain. Tant pis pour eux, car ils ne savent pas ce qu’ils manquent, même si ce disque marqua pour Cohen le début d’une longue traversée du désert, pendant laquelle ses albums n’ont pas obtenu les résultats escomptés, période qui prit fin 14 ans plus tard avec son disque I’m Your Man. Leonard Cohen est un monstre sacré dont chaque album est la pièce d’une œuvre intemporelle. Même s’il aura 80 ans le 21 septembre prochain, il demeure encore pertinent. Ses albums peuvent être achetés pour pas cher et valent tous le coup. Si vous ne voulez pas vous procurer ses disques, vous pouvez vous acheter la compil « The Essential Leonard Cohen », qui couvre assez bien l’ensemble de la carrière du poète montréalais, même si elle n’inclut aucune chanson de l’album « Death Of A Ladies’ Man » paru en 1977 (enregistré sous la pointe du fusil de Phil Spector) et des enregistrements faits par Cohen après 2002 (date de la parution de la compilation).

 

Coups de cœur : Chelsea Hotel #2, Lover Lover Lover, A Singer Must Die.

 

Serge Fiori

 

Serge Fiori

 

(GSI Musique/Eone Entertainement)

 

L’album qu’on n’espérait plus. Et voilà qu’il arrive et qu’il s’impose en force sur les palmarès. Déjà plus de 40 000 copies vendues même pas deux semaines après sa sortie. Ce sera probablement l’album québécois de l’année. Ça faisait depuis 1986 que l’ancien chanteur d’Harmonium n’avait pas lancé de matériel original. Retrouver Serge Fiori après si longtemps, c’est comme recroiser un vieil ami à un moment où on le pensait mort, discuter avec lui et prendre contact avec sa vision de notre monde, et le voir le faire avec une justesse et une poésie qui le rendent encore tellement actuel et tellement nécessaire. Le genre d’album qu’on écouterait 432532523454325234 fois et qu’on réécouterait 432532523454325234 autres fois sans problème.

 

Coups de cœur : l’album au grand complet

 

Harmonium

 

L’heptade

 

(Sony Musique)

 

Je venais au monde pendant qu’étaient complétés les derniers détails de ce disque majeur dans l’histoire musicale québécoise. Sept longues chansons réparties sur deux disques, chacune représentant un des sept niveaux de conscience de l’homme. Une œuvre magistrale et intemporelle, Harmonium s’est poussé à son maximum, au point où le groupe a préféré se séparer, se croyant ne jamais être en mesure de produire par la suite un disque aussi grandiose. L’édition sur disque compact date de 1990, et une réédition digne du vingt-et-unième siècle serait la bienvenue, idem pour les autres disques d’Harmonium et le premier disque solo de Serge Fiori, paru en 1986, qui n’est plus édité depuis longtemps. Espérons que nous n’attendrons pas encore trop longtemps avant que ça ne voit le jour…

 

Lady Gaga

 

Artpop

 

(Interscope/Universal)

 

Lady Gaga nous parlait de ce disque depuis longtemps comme d’un album historique, alors qu’en réalité il est tout, sauf historique. Moins ambitieux que son prédécesseur « Born This Way » paru en 2011, « Artpop » se révèle en revanche beaucoup plus accrocheur. Cependant, cette propension de Lady Gaga à se prendre tantôt pour Madonna, Cher, Kylie Minogue, Nu Shooz, Donna Summer, Mariah Carey et Annie Lennox finit toujours par me tomber sur les nerfs. Lady Gaga a du cran et un talent qui lui est propre. C’est une excellente chanteuse qui fait des compositions solides, et elle a une voix très impressionnante, sauf qu’à force de se prendre pour l’une ou l’autre (ou un mélange) des artistes nommés ci-haut, on est en droit de se demander si elle a véritablement sa propre personnalité, celle qui se voit de façon à peine subtile comme la nouvelle Madonna. Or, se comparer à Madonna quand on n’est que Lady Gaga, c’est comme si Nickelback se comparait à Metallica. Cela étant dit, « Artpop » n’est pas un mauvais disque en soi, mais n’a rien d’historique. D’ailleurs, je crois que Gaga devrait faire preuve de modestie à ce niveau, car le chanteur, la chanteuse ou le groupe qui fera le prochain album historique qu’on va écouter encore dans 25 ans ne le sait même pas qu’il est en train de le faire. Ces choses-là ne se prédisent pas d’avance, elles arrivent spontanément. Nirvana ne savait pas, en juin 1991, que l’album qu’ils enregistraient à petit budget allait devenir un disque culte qu’on écoute encore aujourd’hui. Et ils n’ont jamais eu besoin de se déshabiller pour le faire…

 

Coups de cœur : Do What U Want, Applause, Dope (la meilleure du disque)

 

 

 

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