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J’m’ennuie de mon char (autre essai de prose spontanée kérouacienne)

Vendredi 22 novembre 2013, 23h20.  Il pleut des cordes sur le quartier Côte-des-Neiges à Montréal et je m’avance sur un billet très personnel sur l’amour pour lequel je me mets la barre très haute, en fait si haute qu’elle draine toute mes énergies, ce qui explique cette absence momentanée sur cette tribune.

Ne vous inquiétez pas pour moi si je suis parfois silencieux.  J’aime parfois m’imposer des périodes de hiatus pendant lesquelles mon inspiration reprend des forces le temps de revenir encore plus forte.  Pour y parvenir, elle n’hésite pas parfois à hésiter avant de revenir dans ce qu’elle considérera comme le bon temps.

N’empêche que ce soir, j’ai envie de rompre ce silence juste pour voir si ça parviendra à me brasser un peu les idées, car il me semble  que je n’écris pas assez vite pour quelqu’un qui aimerait pourtant pouvoir vivre de tout ça.  J’ai un contact Facebook prénommé Maxime, dont je connais aussi la mère, qui a commencé à écrire un truc sur une relation qu’il a eu et qui s’est terminée dans un bordel juridique duquel il sortira finalement indemne après avoir été faussement accusé, si j’ai bien compris l’histoire.

Ce n’est pas cette histoire elle-même qui m’intéresse, mais plutôt la progression de son écriture par son auteur.  Ça sort tout seul!!  Je ne sais pas à combien de pages il est rendu, mais ça avance en maudit son affaire alors que moi, ça avance à pas de tortue.  Peut-être trouverai-je bientôt la même cadence, mais toujours est-il qu’en me taisant, je n’aiderai sans doute pas ma cause.

Bref, me voici toujours dans ce café alors que minuit approche et que mon iPod me garoche du vieux Rod Stewart juste pour me souvenir qu’il y a 25 ans, quand cette même chanson pognait, je vivais mon premier coup de foudre avec la sismologie d’une façon qui ferait baver d’envie bien des scientifiques : en vivant une crise d’épilepsie terrestre qui a fait valser les sismographes jusqu’au sixième degré de l’échelle de Richter, ce qui ne me rajeunit certes pas, mais me rappelle des souvenirs qui ont d’abord été terrifiants, mais qui à la longue, me sont devenus aussi mémorables qu’indispensables.  La prochaine fois que je vivrai une autre convulsion de la sorte – ce qui surviendra sans doute la prochaine fois où Charlevoix vivra sa prochaine grosse vraie crise d’épilepsie, sa dernière remontant à 1925 et atteignit 6,7 degrés sur la même échelle!

Il pleut sur Montréal ce soir et il me reste encore une heure pour finir de pondre ce texte.  Ce n’est pas que le café dans lequel je suis fermera à ce moment-ci, c’est plutôt parce que je ne veux pas partir quand le dernier autobus qui me ramènera chez moi passera dans ce coin du quartier tout proche de cette librairie où je passe du monde au cash depuis cinq ans.  Si je manque cet autobus, je peux toujours me rabattre sur les rares autobus de nuit, qui m’imposeront toutefois de marcher une bonne vingtaine de minutes avant de regagner mon chez moi, leur parcours n’allant pas dans la même direction que l’autobus que je ne dois pas rater, dont la course se termine à deux pas de chez moi.

Je me souviens des premières fois où je suis venu écrire dans ce café, alors que j’avais encore ma voiture et que je venais de me procurer mon ancien portable, à une époque où il fonctionnait aussi bien que le neuf avec lequel je gosse ce texte, permettant à mes mains de s’habituer à ce nouveau clavier sur lequel ils pianoteront désormais les mots que mon cerveau leur dictera.  À cette époque, je garais ma voiture devant ma librairie et j’allais dans le café où je pouvais écrire sans encombre jusqu’à ce que je m’en tanne, car ce café est ouvert 24 heures sur 24, sept jours par semaine, à l’année longue.  D’ailleurs, nombre de mes textes des dernières années sont nés à cet endroit et y ont été écrit, dont celui que vous lisez actuellement.

Ma voiture, c’était une Oldsmobile Alero 1999.  Je me la suis achetée le 5 mai 2005.  Ce jour-là, c’est comme si j’étais devenu millionnaire, alors que quelques milliers de dollars étaient déposés dans mon compte, fruit d’une victoire au Tribunal Administratif du Québec contre la Société d’Assurance Automobile du Québec pour une séquelle permanente de l’accident qui provoqua ma naissance en 2000, accident dans lequel est mort le professeur au secondaire que j’ai toujours refusé de devenir.  Tout ce qu’il reste de cet argent aujourd’hui, c’est mon sac à dos Lavoie bleu, seul vestige de cette époque où ma naïveté m’a fait croire que j’étais devenu invincible avant que la vie me fasse prendre conscience, un an après dans un court épisode rockdétentien tumultueux mais nécessaire dans mon évolution, qu’il me restait encore bien des choses à apprendre et que c’était pas une bonne idée de me croire insubmersible.

Ma mère m’avait suggéré de mettre ma carrière d’animateur de radio en veilleuse et de partir en voyage.  Mais après avoir eu deux téléphones de stations intéressées en trente minutes, j’ai choisi d’aller à Rivière-du-Loup dans ma minoune, avec laquelle j’ai quand même fait de belles randonnées.  À bien y penser, j’aurais dû écouter ma maman…  J’aurais vécu mon baptême de l’air sept ans plus tôt, j’aurais vu Paris à la même époque.  Et d’autres villes sans doute!!  C’est l’une des choses que je regrette un peu, mais ce que j’ai vécu à la place n’a pas été inutile non plus, même si je n’ai pas voyagé aussi loin, ayant usé de ma voiture pendant cinq ans pour explorer mon pays et un peu son extérieur.

J’ai fait de beaux « roadtrips » pendant cette période, certains dont je me souviendrai longtemps, comme celui que j’ai fait le dernier vendredi avant de fêter mes 30 ans.  J’étais en pleine dépression, dans un néant existentiel après cet épisode rockdétentien tumultueux.  C’était le dernier vendredi de septembre 2006, et la température allait bien avec mon moral.  Il pleuvait des cordes, comme si la nature voulait m’aider à pleurer sur mon sort car je n’avais pas assez de larmes pour y parvenir tout seul.  Vivant tout seul dans un appartement une pièce et demi de Sherbrooke qui me servit de capsule de survie pendant un an, j’ai décidé d’aller jusqu’à Thetford Mines, où je n’étais jamais allé à ce jour.

J’ai roulé jusqu’à Lennoxville pour atteindre la route 108, que j’ai empruntée pendant un bon deux heures jusqu’à ce que je croise une route secondaire qui me fit passer dans deux ou trois villages peu mémorables avant d’atteindre Thetford Mines, une ville qu’André Arthur avait qualifiée très déprimante à la radio.  Or, ce jour-là elle était très déprimante, Thetford Mines, car la température n’aidait pas.  N’ayant rien à faire de mon temps, j’ai décidé d’y faire mon épicerie avant de remarquer, juste à côté du Provigo, un truc dont la présence m’avait à la fois ébloui et agréablement surpris : la carcasse d’un avion CF-101 Voodoo de l’Aviation Royale Canadienne.

Pointant vers le ciel au beau milieu de nulle part, ce jet jadis si bruyant qui me terrorisait quand j’étais tout jeune alors qu’ils volaient encore dans le ciel du Saguenay de mon enfance avait encore fière allure même s’il n’avait plus de moteur pour le garder en l’air, mais plutôt un piédestal de béton.  Cette surprise amena un peu de soleil dans ma journée qui resta très grise même sur mon retour, étant revenu à Sherbrooke via la route 112.

Une autre randonnée dont je me souviens, c’était le 2 novembre 2008, le matin-même où a passé ma lettre dans la Presse contre la vedettisation et la montréalisation de la radio, coup de gueule qui me plaça sur des listes noires dans le monde de la radio, m’éloignant à jamais d’un retour derrière le micro, retour dont je n’ai jamais vraiment voulu même si j’ai failli à quelques occasions réussir à le faire.  Ce matin-là, j’ai fait l’autoroute 15 nord au complet, jusqu’à Sainte-Agathe.  Je suis ensuite revenu sur mes pas pour ensuite me diriger vers Morin Heights où j’ai fait mon épicerie.  Ensuite, ce fut une route secondaire quelconque qui m’amena vers Lachute et la route 158 avec laquelle j’ai rejoint l’autoroute 50.  Depuis la journée précédente, ce lien routier était plus long de quelques kilomètres alors qu’était ouvert un tronçon menant à Grenville – l’autoroute est maintenant complétée jusqu’à Gatineau -.  Rendu à Grenville, j’ai traversé le Pont du Long-Sault pour aboutir en Ontario, à Hawkesbury pour ensuite revenir chez moi en rejoignant l’autoroute 417 qui devient la 40 une fois traversée la frontière québécoise, autoroute qui passe proche de chez moi.

J’aurais pu vous en raconter d’autres de ces randonnées faites avec cette minoune que j’ai envoyée à la retraite le 5 mai 2010, cinq ans après l’avoir achetée.  Son « power steering » était brisé et ça m’aurait coûté trop cher la réparer.  Demeurant dans un endroit où le transport en commun est bien développé et n’ayant pas les liquidités pour me procurer une nouvelle voiture, j’ai décidé de m’en priver, voyageant l’été à vélo et l’hiver en transport en commun.

Quand je pense au fait qu’il ne me reste plus un sou de ce magot, cela me fait un peu de peine.  Mais ce n’est pas en pleurant sur l’argent perdu qu’il reviendra, mais plutôt en prospectant de nouveaux filons inédits qui me permettront de trouver celui qui me permettra enfin d’avoir une nouvelle voiture et l’argent pour revoir Paris et pour voyager en MD-11 et en Airbus A-380.  Ce blog est une façon d’explorer ces gisements et mon intuition me dit de continuer à le faire de cette façon.

Que l’on continue!

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