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Montréal-Bangkok

 

Ça faisait un bail que j’avais envie de vous parler d’aviation. Ce n’est pas parce que l’intention de le faire s’était évanouie avec le temps, c’est plutôt parce que je n’avais pas trouvé d’angle pour attaquer la chose afin de la rendre intéressante à vos yeux. (Enfin, je l’espère!)

Il y a de ça une semaine, mon ami Samuel, agent de bord dans la vie de tous les jours, a quitté ce Toronto dans lequel il vit tant bien que mal depuis deux ou trois ans – ma mémoire parfois… – pour partir en solitaire à l’autre bout de la planète, là où il n’est jamais allé de sa vie, se tapant presque une trentaine d’heures de vol pour aboutir à Bangkok, capitale de la Thaïlande.

 

Depuis qu’il est sur place, lui et moi avons conversé à deux reprises via FaceTime, invention merveilleuse que le nouveau propriétaire d’iPhone 5 que je suis adore expérimenter. Samuel va bien, est très heureux d’être dans cet endroit où il pense passer au moins un mois dans cet endroit qu’il qualifie de paradisiaque.

 

En jasant avec Samuel, j’ai eu presque envie de plonger dans mon cellulaire pour que me téléporter dans sa chambre d’hôtel pour partir à ses côtés dans cette aventure qui, je le sens, va changer pour de bon le cours de son existence. Bye bye, vie d’employé de librairie et d’animateur de radio raté, me voici globetrotter parti à la conquête de l’inconnu!

 

Malheureusement, ça ne se passe pas ainsi dans la vraie vie, mais à défaut de mieux on peut toujours rêver. Juste pour le fun, j’ai regardé comment ça me coûterait pour aller le retrouver, et par où je passerais, et dans quel avion je voyagerais. Ce détail peut vous paraître sans importance, mais pour moi, amateur d’aviation depuis ma plus tendre enfance, c’est capital de savoir dans quel oiseau métallique j’irai écraser mon fessier, juste pour savoir si ces avions qui me transporteront à bon port sont du même genre que ceux que je vois quand je me tape une séance d’observation de décollages et d’atterrissages à l’aéroport Montréal-Trudeau.

 

Départ fictif donc vendredi le 20 septembre à six heures du matin. Coût du voyage : 1242 dollars (que je n’ai pas, hélas!) Choix de premier transfert soit à Newark à bord d’un Embraer 145 de United Airlines, soit à Chicago par un Regional Jet lui aussi de United Airlines. Peu importe si je choisis d’aller à Newark ou Chicago, la direction suivante sera Tokyo que j’atteindrai à partir de l’une ou l’autre de ces villes par le même genre d’avion : le Boeing 777 de United Airlines. Je n’ai jamais vu ceux de United Airlines, mais ceux d’Air France, d’Air Canada, de British Airways et de Lufthansa sont spectaculaires à observer quand ils partent de Montréal. J’aurais passé une bonne quinzaine d’heures environ avant de gagner la capitale du Japon. Peu importe si j’avais décidé de partir de Chicago ou de Newark, une fois rendu à Tokyo un Boeing 767 d’Air Japan m’aurait attendu et m’aurait transporté jusqu’à Bangkok. Quant au retour, je l’aurais choisi pour ma date de fête : le 2 octobre prochain. Je serais parti de Bangkok jusqu’à Tokyo, et ensuite de Tokyo jusqu’à Newark en Boeing 777 de United Airlines avant de revenir à Montréal dans un Dash-8 d’Air Canada. Beaucoup de temps de vol, de transferts, mais ça m’aurait comblé autant que le temps que j’aurais passé avec mon ami.

 

J’ai la passion de l’aviation depuis ma plus tendre enfance, alors que mon père, ex-militaire, nous amenait voir les avions de l’armée à Bagotville. Resté en contact avec quelques amis militaires, mon père m’amena avec un de ses amis militaires voir décoller de très près des chasseurs CF-101 Voodoo de l’armée canadienne. L’expérience m’avait terrifiée au départ, mais avec le recul, j’ai fini par la trouver mémorable. Nous roulions sur une route réservée au personnel de la base lorsqu’une paire de ces avions a décollé. Je me souviens encore du vacarme insupportable que ça faisait, des fenêtres de la voiture qui vibraient intensément devant un bruit aussi envahissant, mais surtout de mes pauvres petites mains d’enfant de quatre ans qui ne faisaient pas le poids pour atténuer un tel tintamarre, même s’il ne durait que quelques secondes. Je voyais approcher ces magnifiques avions d’un gris étincelant passer à quelques mètres à peine de nous en véritable coup de vent, avant de se soulever dans les airs, laissant s’échapper au passage une traînée de suie qui laissait une longue trace dans le ciel avant que le vent ne la dissolve pour de bon. En pleurs, je regardais l’ami de mon père me rassurer, sourire au coin, me disant que ça allait être bientôt terminé, moi qui avait débouché mes oreilles avant de constater, un peu trop tard, qu’une deuxième paire de Voodoos décollait. Mon papa et son ami riaient de bon cœur, mais moi je n’avais pas trouvé très drôle cette première expérience de décollage de Voodoo sans rien pour protéger mes pauvres tympans d’enfant qui, plus de trente ans plus tard, s’en souviennent encore! Mais une passion était née!

 

Devenu adulte qui demeure pas très loin de Dorval, j’aime bien aller de temps à autre à l’aéroport ou à divers endroits longeant les pistes pour voir partir et arriver les avions. Ça me fait rêver en attendant d’avoir un jour assez d’argent pour me payer tous les voyages que je veux, car j’adore voyager en avion, ne l’ayant fait qu’à une reprise dans ma vie, il y a un an, lors d’une mémorable escapade de deux semaines en solitaire à Paris. Je voulais y aller en Airbus A380 d’Air France et revenir via Amsterdam dans le magnifique MD11 de KLM. Le tout ne m’aurait pas coûté très cher, même si je rallongeais un peu mon retour en m’imposant une correspondance, uniquement dans le but de savoir c’était quoi. Après tout, ce voyage en était un d’initiation au transport aérien. Mais au moment d’acheter, le prix de mon voyage avait monté de 400$. J’ai donc dû faire mon deuil de l’Airbus A380 et du MD11, et me rabattre sur les vieux Boeing 747 de la compagnie Corsair, qui ont été très agréables malgré tout.

 

C’est mon seul voyage à date, et l’un des grands regrets de ma vie est de ne pas avoir voyagé comme j’aurais voulu le faire, chose à laquelle je tiens mordicus à corriger, coûte que coûte. Je n’ai qu’une seule vie à vivre, et j’entends bien trouver la combine qui me permettra de voyager comme bon me semblera.

 

En attendant, j’envie beaucoup mon ami Samuel, qui passe ses journées dans ces avions et qui adore son métier plus que tout. Mais ce voyage qu’il fait, c’est pas pour le travail – autrement il serait déjà revenu chez lui – mais pour son propre plaisir. Il ne le regrette aucunement, son sourire et la lumière qui émane de ses yeux le disent mieux que n’importe quel mot et n’importe quelle tournure de phrase qu’il pourrait emprunter.

 

J’étais justement à l’aéroport un soir où je reçois un message texte de lui. Il était environ neuf heures du soir ici – huit heures le lendemain matin là-bas – lorsqu’en même temps, tout à coup, un bruit intense se fait sentir à l’aéroport. Je regarde au ciel et je vois s’élever le magnifique et majestueux MD11 de KLM, qui partait en retard ce soir-là. À chaque jour, on le voit arriver avec sa magnifique tenue bleue et blanche vers 16h30 alors qu’il survole la métropole, en approche pour atterrir à Dorval en provenance d’Amsterdam, où il repart normalement à 19h15, le temps d’un changement d’équipage.

 

Je n’ai jamais approché de près un de ces avions, sauf une fois lors de mon départ en France, le MD11 étant stationné à la gauche de mon 747. Jeune enfant, j’ai cependant visité lors d’un spectacle aérien à Bagotville un cousin du MD11, le ravitailleur KC10 de l’armée américaine, un appareil militaire dérivé du DC10 tout comme le MD11, qui en est une version plus moderne et légèrement plus grosse. Si je l’aime tant, c’est qu’il est un des derniers tri-réacteurs en fonction, ceux-ci étant de plus en plus délaissés pour des appareils plus modernes, à deux moteurs, qui consomment moins de carburant. KLM m’a d’ailleurs confirmé sur Twitter que ses MD11 seront en service encore pour un an environ, après quoi ils seront remplacés par d’autres appareils, probablement des Boeing 787 DreamLiner.

 

Comment ça se fait que KLM me répond? Chaque fois que je m’exclame en voyant le MD11 dans le ciel, ils réagissent à mes commentaires en me souhaitant de voler bientôt en leur compagnie. Ils vont finir par me convaincre un jour…

 

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