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Deux séismes le même jour

C’était un douze du douze peu ordinaire en cette douzième journée du douzième mois de la douzième année du millénaire. La terre a tremblé à deux reprises en cette journée peu banale.

Le premier séisme fut géologique. Vers 12h45, Charlevoix s’est payée une petite crise d’épilepsie comme elle a l’habitude d’en avoir depuis toujours. De magnitude 4,4 sur l’échelle de Richter, cette secousse a été assez bien ressentie dans l’est de la province et n’a provoqué aucun dégât. Mais comme celle-ci s’est déroulée loin de l’épicentre médiatique montréalais, elle fut rapidement oubliée. Rien d’étonnant là-dedans, car les charlevoisiens ont l’habitude de ce genre de convulsion, eux qui en vivent pratiquement une par jour sur leur sol propice à ce genre de phénomène naturel. Presque tout le temps, personne ne se rend compte que le sol a tremblé, sauf des instruments de séismologie très sensibles. Mais une fois de temps en temps, il arrive que ce ne soit pas que les séismographes qui ressentent le choc, mais tout le monde autour. Ce fut le cas aujourd’hui. Je suis peut-être dans le champ, mais il me semble que ça fait quelques années qu’il n’y a pas eu de séisme de cette ampleur dans cette région. Toujours est-il qu’elle a choisi le bon moment pour se produire, à une date où le chiffre douze est à l’honneur, un peu comme ce séisme de magnitude 5,2 qui avait frappé le Témiscamingue tôt le matin du 1er janvier 2000. On se souvient tous des légendes urbaines qui circulaient autour de ce fameux bogue de l’an 2000 qui n’a jamais eu lieu. Nul doute que bien des gens qui ont été réveillés par cette secousse ont sans doute cru que ce séisme était une de ses manifestations…

L’autre séisme que le Québec a connu en ce 12 du 12 de 2012 fut d’ordre juridique. Bien qu’il soit encore impossible de prévoir les vrais séismes comme ceux de Charlevoix, cette secousse juridique qui a frappé en fin de journée était malheureusement prévisible depuis longtemps, alors que le tristement célèbre ex-docteur Guy Turcotte s’est fait accorder sa liberté sous quelques conditions.

Il n’en fallait pas plus pour qu’un tsunami d’indignation déferle sur les médias et les réseaux sociaux dans les instants qui ont suivi ce séisme. Le bonhomme a tué ses deux enfants, et grâce à un avocat très compétent qui disposait d’un budget de défense illimité, il a pu s’en sortir en étant reconnu criminellement non responsable des crimes qu’il a commis. Et voilà qu’après un purgatoire dans un institut psychiatrique, il pourra recommencer à vivre comme de rien n’était, comme si rien ne s’était passé.

Avant d’aller plus loin, je tiens à dire que je ne suis pas un avocat, ni un juriste. Je ne suis qu’un pauvre animateur de radio qui a suivi ça un peu comme tout le monde, avec tout ce qu’il a pu être possible de savoir, car un paquet de choses n’ont pas été rendues publiques et c’est quelque chose qu’il ne faut pas oublier.

Pour en revenir à Guy Turcotte, il est sans doute très content de la décision. Il avait les moyens de se payer un avocat très compétent et quoi qu’on puisse en penser, il a livré la marchandise. Sur papier, Turcotte a gagné mais en réalité le grand perdant, c’est la confiance du public envers le système judiciaire.

Pour contrer le bulldozer juridique que Guy Turcotte s’est payé, le ministère public a présenté des procureurs de la couronne qui, même s’ils semblent avoir fait leur possible, n’ont clairement pas été en mesure de contrecarrer l’arsenal mené de main de maître par Pierre Poupart, avocat hautement respecté.

Même si ça aurait coûté plus cher à la société d’aller chercher une pointure d’aussi fort calibre que Me Poupart, je suis convaincu que l’investissement aurait valu la peine, ne serait-ce que pour tenter de protéger la confiance du public en ses institutions, ne serait-ce aussi que pour rendre la bataille encore plus difficile pour Poupart. De cette manière, le procès de Guy Turcotte n’aurait pas eu la tournure que nous connaissons. Quand on veut arrêter Sidney Crosby, on lui met un Martin Brodeur dans les jambes, pas un deuxième gardien de ligue de garage.

Mais cela ne demeure qu’une hypothèse parmi tant d’autres venant d’un gars qui, dans le fond, n’en sait probablement pas plus que tout le monde.

N’oublions cependant pas que la Couronne a rejeté le verdict de non-responsabilité peu de temps après le procès, ce qui laisse penser que tout le cirque pourrait reprendre un jour depuis le tout début.

En espérant que des leçons ont été tirées du premier procès, et que celles-ci fassent en sorte que l’issue de ce nouveau procès – s’il y en a un – soit différente de celle que l’on aurait préféré ne jamais connaître.

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