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Texte moche sur le 11 septembre

Il y a de ce genre d’événements qui marquent une vie et qui font en sorte qu’on se souvienne ce qu’on faisait au moment où on a appris cet événement. On pense aussitôt à certains deuils que nous avons du affronter, ou encore à l’annonce de la mort de telle personne, mais jamais aucun événement n’a pu marquer l’imaginaire collectif autant que ce qui s’est passé le 11 septembre 2001. J’espère ne pas me tromper là-dessus, mais je crois que de notre vivant jamais plus nous revivrons pareil événement. C’était comme trop gros, trop gigantesque, trop surréaliste et il nous fallait tous prendre un peu de recul pour décanter tout ça tellement cela dépassait toute proportion déjà atteinte auparavant par un événement.

Beaucoup l’ont appris au travail, d’autres à l’école, certains ont même pu le suivre en direct d’où ils étaient.

Vous aurez peut-être honte de moi, ou à tout le moins envie de rire de moi, mais j’ai tout manqué du 11 septembre 2001.

Je m’en souviens comme si c’était hier. Vers 8h20, je suis réveillé par mon cellulaire pour une entrevue téléphonique pour un emploi de commis aux ventes par téléphone chez Sears Canada. L’entrevue se déroule à merveille et à 8h35, une fois celle-ci complétée, je décide de retourner au lit. La veille, j’avais suivi un autre cours de radio chez Stéphan Roy à La Prairie, et j’étais revenu tard chez moi, qui résidait temporairement à Verdun chez deux amis qui sont vite disparus de ma vie une fois parti de leur taudis quelques jours plus tard.

J’ai dormi au moins deux heures et demie. Je n’avais rien à foutre ce jour-là, sauf me préparer à l’entrevue en personne chez Sears Canada, prévue pour le lendemain. À mon réveil, je me suis installé devant l’ordinateur de mes colocataires d’occasion et décidai d’aller regarder les différents sites d’information. Mais là surprise!! Aucun site ne fonctionnait. Tout le monde semblait avoir planté en même temps.

Je décide d’aller sur l’ancêtre de Twitter – le bon vieux IRC – et les gens parlaient de fin du monde, de troisième guerre mondiale, d’apocalypse, dans des termes tellement surréalistes qu’ils m’ont fait penser qu’ils faisaient une grosse blague. Je fermai aussitôt l’ordinateur pour aller ensuite m’installer devant la télé où jouaient un épisode de Pokémon que j’ai écouté jusqu’à la fin sans même savoir ce qui se passait à à peine six heures de voiture d’où j’étais.

Après les Pokémon, j’ai changé de poste pour regarder TVA et on y montrait des images de désolation qui m’ont fait croire que la Californie avait finalement été frappée par ce méga-séisme qu’elle redoute encore depuis des décennies. Pourtant, Pierre Bruneau m’a vite ramené à l’ordre alors qu’il s’est mis à faire la nomenclature chronologique des événements. Le premier avion a frappé dix minutes après que je me sois recouché et la deuxième tour s’était effondrée pendant que je regardais les Pokémon.

Tout ça s’est passé pendant que je dormais, et d’avoir vu tout ça m’a fait ressentir un énorme bof généralisé. C’était gigantesque, c’était tragique, mais le gros des événements semblait déjà passé. Que cela me donne l’hystérie n’aurait absolument rien changé à ce qui se passait là-bas. Ça m’a permis de garder mon calme et de mettre le focus sur mon entrevue du lendemain qui allait avoir lieu, car la terre n’a pas cessé de tourner ce jour-là, malgré l’ampleur des événements.

En après-midi, je suis allé aux locaux de Sears Canada à Ville Saint-Laurent pour m’acclimater aux lieux pour ne pas être pris au dépourvu le lendemain, et je m’y suis tapé la plus grosse séance d’observation d’avions de ma vie. Nos voisins du sud avaient fermé leur espace aérien, et tous les avions en direction de leur territoire devaient atterrir quand même à quelque part. J’en ai vu des avions ce jour-là!! Ça roulait. Les contrôleurs aériens ont été capables de faire face à la musique car aucun autre incident mortel ne s’est ajouté aux autres survenus plus tôt à New York, Washington et Shanksville, ce petit bled de la Pennsylvanie où s’est écrasé l’avion que l’on présumait destiné à attaquer la Maison Blanche.

Bref, ce fut un 11 septembre plutôt morne. J’aurais aimé le vivre en tant qu’artisan de radio, derrière un micro et une console, m’improvisant journaliste. Médiatiquement parlant, ce fut une mine d’or pour tout le monde de ce domaine, même si ce fut un événement tragique qui allait changer à jamais notre rythme de vie. J’ai eu le job chez Sears, mais comme les attentats ont provoqué une mini-récession, celle-ci m’a coûté mon emploi juste avant Noël.

Tout ça pour dire que votre 11 septembre a du être sans doute moins ennuyeux que le mien…  J’en ai connu un dont c’est la fête ce jour-là, l’individu sur qui j’ai le plus tripé dans ma vie.  C’est même plus à lui que je pense maintenant le 11 septembre, même si je sais que je ne reverrai plus ni reparlerai à cette personne.  Comme quoi on a tous fini par en revenir de ces attentats!!

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