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À nous de choisir!

André Normandeau ne se fait pas d’illusion. Il sait très bien qu’il a autant de chances d’être élu député du PQ dans le comté de Mont-Royal que le Canadien de Montréal a de chances de gagner la Coupe Grey au Super Bowl en juillet prochain.

Malgré tout, les électeurs de Mont-Royal disposent d’un candidat péquiste de qualité : criminologue de formation, détenteur d’un post-doctorat dans cette discipline obtenu dans une université américaine tout comme sa maîtrise et son doctorat, André Normandeau a écrit une quinzaine de livres et publié plus de 500 articles scientifiques en matière de police et de prison, selon le site internet du PQ. Enseignant à l’Université de Montréal depuis 1965, André Normandeau a un parcours professionnel sans tache assez inspirant pour qu’on ait envie de lui accorder notre vote.

Le seul hic : malgré qu’il soit un candidat de qualité, jamais personne n’a vu sa face dans le comté de Mont-Royal. Il n’a pas fait campagne et n’a même pas mis de pancarte pour qu’au moins on puisse lui voir la face avant qu’on la voie sur le bulletin de vote – Hé oui! Il y a des photos des candidats sur les bulletins – . Est-ce une décision du parti ou de M. Normandeau lui-même? Je n’en ai pas la moindre idée. Mais qu’importe, même si le libéral Pierre Arcand ne semble pas menacé outre mesure, les autres partis font quand même des efforts au moins pour montrer qu’ils sont là pour les électeurs qui peuvent leur être sympathiques et pour qu’ils puissent voter pour eux, même si la défaite est assurée.

J’ai vu des pancartes de la CAQ, de Québec Solidaire, du Parti Vert, d’Option Nationale et même de la Coalition pour la Constituante, un parti qui n’a été autorisé par le Directeur Général des Élections du Québec que le 13 juin dernier et qui présente les pancartes les plus affreuses que j’ai vu – des photocopies noir et blanc enrubannées autour de poteaux avec du ruban gommé transparent. –

Malgré cette présence – en plus de celle des libéraux – on n’a jamais vu quoi que ce soit du Parti Québécois, qui était pourtant l’un de mes deux choix, avec la CAQ. Les idées de François Legault me plaisent vraiment, même si son parti sent encore l’improvisation qui a un peu tué la défunte ADQ lors de son passage-éclair à l’opposition de mars 2007 à décembre 2008. Du côté du Parti Québécois, l’équipe a plus d’expérience mais semble souvent se peinturer dans le coin pour des peccadilles. De plus, je n’ai vraiment pas aimé que Pauline Marois porte le carré rouge le printemps dernier et je n’ai pas de bons souvenirs d’elle comme ministre de l’Éducation et de la Santé lors des années 90. François Legault ne m’a pas laissé de bons souvenirs non plus comme ministre, mais à une échelle moins grande que son ancienne collègue devenue chef du PQ.

Comme entre deux maux il faut choisir le moindre, j’ai donc voté CAQ – par anticipation – , sachant très bien que je pouvais gaspiller mon vote dans ce comté où j’habite qui a le défaut de n’élire que des libéraux, autant au provincial qu’au fédéral. En faisant comme s’il n’y avait pas de candidat dans mon comté – je déteste l’idée de voter pour un fantôme – , j’ai senti que Pauline m’abandonnait aux autres, surtout si j’ai le défaut de penser un peu plus à droite.  Mon sort en est donc jeté, et je l’assume pleinement!

De toute façon, peu importe pour qui l’on vote, l’important demeure de le faire, ne serait-ce que pour participer à cet exercice démocratique vital pour notre société et aussi pour nous donner la légitimité de critiquer le gouvernement dans ses décisions, peu importe le parti qui est appelé à le former.

C’est important de voter selon sa conscience, de voter pour la conception qu’on espère pour notre société. Nous devons être fiers de le faire et nous devons être nombreux à le faire, au moins pour compenser le record de participation honteux de 2008, alors que moins de 60% des électeurs inscrits se sont prévalus de leur droit de vote.

C’est d’ailleurs ça l’ennemi #1 à abattre lors de l’élection : le faible taux de participation. Nous avons le gouvernement que nous méritons, et si nous sommes nombreux à nous exprimer, nous ne pourrons qu’avoir un meilleur gouvernement, avec un mandat légitime qu’il devra remplir tout au long de la durée de celui-ci, surtout s’il est minoritaire, peu importe le parti qui aura à le former. Notre démocratie ne s’en portera que mieux.

Même si nos choix ne concernent que nous, vivre en démocratie implique que parfois la majorité ne s’exprime pas toujours dans le sens que l’on aurait souhaité individuellement. Le verdict qui sortira de l’élection fera certes des heureux, mais aussi beaucoup de malheureux, pas seulement chez les candidats ou les chefs de partis, mais aussi parmi les électeurs. Les dernières semaines ont été témoins de débats d’une rudesse parfois démentielle entre candidats et militants des différents partis. J’espère de tout cœur que ceux-ci ne laisseront pas de chicane après l’élection, car une fois celle-ci passée, il faudra enterrer la hache de guerre et continuer à vivre ensemble dans la paix en espérant qu’il n’y aura pas trop de plaies à panser suite à ce rendez-vous électoral.

Quoiqu’il en soit, la balle est maintenant dans notre camp. C’est donc à nous de choisir. C’est à nous de donner notre coup de crayon individuel dans le renouveau de notre mosaïque politique et sociale. Pour une fois que ça arrive, profitons-en!!

 

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