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Il faudrait que je me taise

À écouter certaines personnes, il faudrait que je cesse tout. Que je cesse d’écrire. Que je cesse de tenter de gagner ma vie en me servant de ma voix. Il faudrait que j’abandonne tout, que je renie tout. Que je vende des cellulaires, des assurances, des balayeuses, des maisons, des automobiles, etc, etc, etc. Que j’aille travailler dans un dépanneur, dans un Tim Horton’s, dans une usine.Que je renonce à mes objectifs pour occuper un emploi qui m’apportera un semblant de réalisation personnelle.

À l’Université de Montréal, un de mes professeurs avait cité une phrase de Jean-Marc Chaput qui me trotte encore dans la tête quatre ans après l’avoir entendue. « Il est mort à 35 ans, mais on ne l’a enterré qu’à 80. » Que signifie mourir à 35 ans et n’être enterré qu’à 80? Cela veut dire pour moi renoncer à ce qu’on est parce qu’on a perdu la foi en nous-même, qu’on a préféré docilement adopter un train de vie qui est contraire à notre idéal uniquement pour survivre comme si nous n’avions pas le droit de vivre.

J’ai 35 ans et j’ai l’impression de me battre pour ma vie. Bien entendu, ce n’est pas me battre pour ma vie au même titre que si j’étais aux prises avec un cancer qui menace ma survie, mais c’est un peu tout comme.

Je vis dans un contexte financier et professionnel qui me limite beaucoup présentement. Je suis fier de réussir à vivre heureux malgré tout, mais je sais que ça ne devra pas toujours être comme ça. Les banquiers sont des bêtes voraces qui vous talonnent aussi intensément qu’elles peuvent être affamées. C’est un peu ça le défi que la vie met sur mon chemin depuis quelques temps : celui de me trouver quelque chose qui me permettra de m’épanouir selon mon désir et qui me permettra d’en vivre assez pour calmer autant les appétits des créanciers que le mien tout en réalisant certains projets qui me sont chers et qui sont en attente depuis un peu trop longtemps à mon goût.

Je n’ai qu’une vie à vivre, je veux la vivre et la vivrai. Je veux la vivre en bon vivant, non pas me contenter de la survivre en me réduisant à l’état d’insignifiant figurant dans le film de ma propre vie. Les contraintes qui arrivent sur notre chemin ne doivent jamais être des raisons pour abdiquer. Elles font partie de la route que nous avons à suivre et ce n’est qu’en acceptant de les traverser qu’on s’améliore et qu’on se prépare à ce vers quoi ça nous mène, même si on n’en a aucune espèce d’idée. C’est ça que je trouve charmant dans tout ça : l’inconnu se révèle à nous à son rythme, prenant son temps, le prenant parfois pendant longtemps jusqu’à ce que ça aboutisse et qu’on se rende compte que, finalement, la vie ne s’arrête jamais, peu importe les embûches rencontrés.

Je n’ai donc pas l’intention de me taire, ni d’arrêter d’écrire jusqu’à ce que le grand déblocage survienne. Et il surviendra. Cet écrit, comme tant d’autres choses, sont comme des graines que je sème dans un champ. Un beau jour, tout finira par éclore et je pourrai enfin récolter ce que toutes ces années de vache maigre m’ont enseigné. Rien n’est inutile et rien n’arrive pour rien. On ne le dira sans doute jamais assez.

Pour récolter, il faut semer. Il n’y a pas d’autre alternative. Semer même par mauvais vent, semer même quand on ne pense pas que le sol soit bon, semer même quand on ne sent pas que c’est le bon moment. Semer quand même car on ne sait jamais ni quand ni de quelle manière la récolte surviendra. Semer même si les autres nous jugent car on ne sème pas comme eux aimeraient que l’on sème. Ceux-là faut les rappeler à l’ordre. Et s’ils ne comprennent pas, on n’a qu’à les barrer de nos vies, définitivement s’il le faut.

Les écouter, c’est aller à l’encontre de notre destin. Et le jour où on aura réussi, on leur aura fait la preuve qu’on a eu raison de semer quand même malgré le fait qu’ils ont tenté de nous décourager de continuer. La réussite, c’est la plus belle des revanches, le plus élégant des doigts d’honneur que l’on peut faire à l’adversité. C’est la preuve que le travail, l’acharnement et la résilience finissent toujours par rapporter à celui qui les applique.

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