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L’armée vs les étudiants??

Lundi 21 mai 2012. Il est 16h30. C’est la journée de la fête des Patriotes et la grande majorité des gens profitent d’une journée de congé. C’est un jour sans histoire jusqu’à ce qu’apparaisse dans le ciel montréalais un drôle d’oiseau rare. Contrastant par sa petite taille aux plus gros engins de son espèce aviaire, cet oiseau gris avec son apparence et son bruit unique n’est pas passé inaperçu.

Commun dans la faune du Saguenay où il fait partie du décor depuis 1984, ce drôle d’oiseau attire le regard lorsqu’il se présente ailleurs où on n’est pas habitué à sa présence. Lors de son passage en ciel montréalais en ce beau lundi de mai, il a laissé présumer un mauvais présage à bien des gens qui ont les nerfs à vif avec toutes ces manifestations étudiantes qui chaudronnent les soirées montréalaises depuis quelques semaines.

Cet oiseau rare, c’est le chasseur CF-18 de l’armée canadienne. Entré en service au pays en 1982, on le retrouve dans deux aires de nidifications au pays : les bases militaires de Cold Lake (Alberta) et de Bagotville (Québec), où il est arrivé deux ans après. Dans ces deux régions, les observations de cet oiseau sont si communes qu’elles ne dérangent plus personne. Mais son règne achève, car d’ici cinq à sept ans, le CF-18 sera une espèce disparue au profit du controversé et onéreux CF-35 qui prendra sa relève, si Ottawa ne change pas d’idée d’ici-là.

Ce lundi 21 mai à 16h30, je n’ai pas vu l’avion en question, mais l’ai bel et bien reconnu par sa sonorité bien particulière qui contraste avec le bruit des plus gros avions gorgés de passagers qui décollent et atterrissent à chaque heure de l’aéroport Montréal-Trudeau. Sur les réseaux sociaux, des gens s’emballaient, croyant dur comme fer que l’armée canadienne allait intervenir une fois pour toutes pour remettre à leur place les « méchants étudiants ».

Certains ont tout de suite pensée que la Place Émilie-Gamelin allait avoir des allures de printemps chinois à la Place Tian’anmen de Pékin avec des étudiants défiant les chars d’assaut de l’armée. Ils ont aussi fantasmé d’une scène où un soldat dévisage du regard Gabriel Nadeau-Dubois comme l’a fait le soldat Patrick Cloutier avec le Warrior « Freddy Krueger » de Kanesatake lors de la crise amérindienne de 1990.

Je me doutais bien que les nerfs de certains étaient à vif, mais je ne m’attendais jamais à ce qu’ils le soient de cette manière, à ce point de sensibilité si à fleur de peau qui incite au délire et qui permet d’inventer les scénarios les plus radicaux et les plus farfelus qui soient avant d’ensuite les propager à vitesse grand V sur les réseaux sociaux.

Je n’ai aucune idée de ce que faisait le CF-18 lundi dernier à Montréal. Mais je sais qu’ils viennent y faire un arrêt de temps en temps. Il s’y arrêtent sans doute pour des raisons techniques, du style essence-pipi-manger, un peu comme on s’arrête dans un Couche-Tard sur le bord de la 20 pour faire le plein d’essence et de nourriture et pour aller à la toilette. Bref, rien pour se barricader dans son abri nucléaire.

En excluant ses interventions lors de désastres naturels, l’armée canadienne est intervenue à deux reprises en temps de paix au Québec. D’abord lors de la crise d’octobre 1970, et la deuxième fois vingt ans plus tard lors de la crise amérindienne. Chaque fois, elle l’a fait après une demande du premier ministre du Québec, qui était Robert Bourassa lors de ces deux occasions. Sauf erreur, l’armée n’intervient uniquement que lorsque le premier ministre d’une province le demande au premier ministre du pays. Il ne peut le faire que si la paix sociale ou la sécurité des gens est compromise, que ce soit par une insurrection ou un désastre naturel. Or, pas besoin d’avoir un post-doctorat en physique nucléaire avancée pour comprendre que malgré tout ce qui se passe à Montréal et un peu partout en province, nous sommes encore bien loin de ces scénarios extrêmes.

Quoiqu’il en soit, grève étudiante ou non, on verra encore occasionnellement des CF-18 dans le ciel montréalais. La prochaine fois, observez-les bien, surtout si le pilote décide de faire une petite acrobatie comme j’ai pu voir la dernière fois que j’ai pu en observer un dans le ciel montréalais. C’est toujours impressionnant!!

D’ici là, respirons un peu par le nez, car un peu de logique et de retenue ne fait pas de mal. Ça évite de dire n’importe quoi sur le coup de l’émotivité, de croire à n’importe quelle sottise et de s’emporter pour des motifs qui n’en valent pas la peine.

Give peace a chance!

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2 réflexions au sujet de “L’armée vs les étudiants??”

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