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Faisons honneur à notre devise pour une fois.

Je me souviens.

Trois petits mots qui sont bien plus qu’une simple phrase sur nos plaques d’immatriculation.  C’est notre devise envers laquelle nous sommes parfois bien indignes.

Quand j’étais journaliste au journal La Grenouille au Cégep de Chicoutimi en 1996, je me souviens d’une discussion que j’avais eue avec le président de l’époque de l’Association Générale des Étudiants et Étudiantes du Cégep de Chicoutimi (AGEECC) François Bélanger.  Grandement impliqué aussi au sein du mouvement souverainiste, il avait été un acteur de premier plan pour la campagne du OUI au cégep lors du deuxième référendum sur la souveraineté survenu l’automne précédent.  François m’avait dit une phrase qui m’avait marqué : « La mémoire collective des québécois peut atteindre les six mois à condition de la leur exciter à toutes les deux semaines. »

La situation politique actuelle est d’une pourriture rarement vue dans notre histoire collective.  La loi spéciale qui s’en vient n’en est qu’un nouveau chapitre et les réactions qu’elle susciteront nous amèneront du jamais vu qui pourrait nous surprendre beaucoup plus qu’on pourrait le penser. Les étudiants en boycotts sont gonflés à bloc et les plus radicaux d’entre eux le sont davantage.

S’il y a quelque chose de positif à cette situation, c’est qu’au moins elle nous réveille et nous conscientise à la chose politique que nous nous devons de surveiller sans retenue en toutes circonstances. Mais il ne faudrait pas se laisser endormir par la machine libérale qui profite sans doute de la situation pour marquer les seuls points dont elle a besoin pour rester une alternative valable pour le pouvoir lors des prochaines élections générales.

S’il le désire, l’actuel gouvernement peut rester au pouvoir jusqu’au 8 décembre 2013, date du cinquième anniversaire de son élection. C’est le plus loin que la loi peut lui permettre. Mais Jean Charest sait qu’il ne pourra pas tenir si longtemps que ça.

On sait tous que la commission Charbonneau débute bientôt ses travaux, et que les grosses révélations potentiellement incriminantes pour Charest et ses sbires sortiront cet automne. Difficile d’assurer sa réélection dans un pareil contexte.

Je n’apprendrai rien à personne en disant que les prochaines élections générales auront lieu – à moins d’une grosse surprise – dans la première moitié du mois de septembre prochain. Ce sera donc à ce moment précis que, collectivement, nous aurons réellement les deux mains sur les volant de notre destinée collective.

On veut encore de Charest? Que l’on vote pour lui!

On veut mettre un autre à sa place? Que l’on vote pour cet autre!

Faire des X derrière un isoloir peut changer bien plus de choses que de casser des fenêtres ou de bloquer le métro à l’heure de pointe. Ça ne tue ni ne blesse personne, bref c’est de cette façon que les choses peuvent et doivent changer dans une société comme la nôtre.

Cependant, il faudra être nombreux à aller voter. Plus que d’habitude. Lors des dernières élections, en 2008, le taux de participation était ridiculement bas avec seulement 53,7% des voix, le pire jamais vu depuis 1927.

La clientèle qui a le plus boudé les urnes en 2008 était les jeunes. Ces mêmes jeunes qui sont prêts à tout casser pour faire reculer un gouvernement pour lequel, en majorité, ne se sont même pas donné la peine de contribuer à son élection (ou à sa défaite) en n’allant pas voter.

Pour que la situation politique change, il ne faudra pas seulement aller voter. Il faudra faire chacun notre rétrospective du règne de Jean Charest, analyser les points pour et les points contre, et faire acte de mémoire en orientant notre X vers la continuité libéral ou le changement proposé par les autres partis.

Il ne faudra pas seulement que l’actuelle situation politique change, mais qu’aussi nos habitudes de mémoire collective changent également, que cela ne se fasse pas seulement pour la prochaine élection provinciale, mais aussi pour toute autre élection subséquente quelle qu’elle soit, que ce soit un scrutin fédéral, municipal, provincial ou scolaire ou un référendum sur la souveraineté ou sur une autre question.

Lors de son arrivée au pouvoir en 1976, René Lévesque a enlevé les mots « La belle province » par « Je me souviens » sur les plaques d’immatriculation.

Il serait temps qu’on donne à cette phrase ses lettres de noblesse, et qu’on en fasse bien plus qu’une habitude, mais un devoir envers nous-mêmes.

Il le faut, car à force de tout oublier après six mois même après des rappels aux deux semaines, des politiciens aussi habiles que croches se maintiendront au pouvoir grâce à notre manque de mémoire collective.

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1 réflexion au sujet de “Faisons honneur à notre devise pour une fois.”

  1. Wow! Merci! J’ai beau être contre le boycot actuel des étudiants mais je détestes les libéraux … et je crois que je détestes aussi les gens qui n’exerce pas leur droit de vote! Les gens qui votent Libéral ne se SOUVIEnnent pas, n’ont jamais lu l’histoire, se foutent de nous,veulent la disparition des francos comme les nazis ont voulu la disparition de bien des peuples, croient que tout leur ai dû, (quoi que les jeunes gauchistes irréalistes aussi) …

    ((« libéral » veut dire de gauche en anglais))

    … veulent que l’on protège les criminels, il ont Julius Grey de leur bord pour ne pas brimer leur « valeur », aller voter voilé et tiens, pourquoi pas manifester avec la face cachée aussi!!! J’tanné!

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